Il devait défendre son travail de fin de cycle ce mercredi 29 juillet 2026. Mais au lieu de présenter le fruit de plusieurs années d’études devant un jury académique, Muhindo Mutokambali Victoire a été conduit à sa dernière demeure. Étudiant à l’Université Officielle de Rwenzori (UOR), il a été tué dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 juillet à Butembo. Sa famille, ses proches et ses camarades étudiants lui ont rendu un dernier hommage avant l’inhumation de son corps à Beni.
Le destin de Muhindo Mutokambali Victoire a basculé brutalement à quelques heures seulement d’un moment important de son parcours académique. Alors qu’il était attendu ce mercredi 29 juillet pour défendre son travail de fin de cycle, cet étudiant de l’Université Officielle de Rwenzori a plutôt été accompagné par les siens vers sa dernière demeure. Une messe funèbre a été célébrée à la paroisse Kyabuyiri, dans une ambiance marquée par la douleur et la consternation. Famille, amis, proches et membres de la communauté estudiantine se sont réunis pour rendre hommage à ce jeune dont les ambitions professionnelles ont été interrompues de manière tragique.
Le drame est d’autant plus poignant que la date prévue pour sa défense académique coïncidait avec celle de son inhumation.
Selon les témoignages recueillis dans sa famille, Muhindo Mutokambali Victoire était encore en pleine préparation de cette étape importante de sa vie. La veille de son décès, il avait participé aux activités familiales avant que des hommes armés ne fassent irruption dans la parcelle familiale pendant la nuit.
D’après Kabambi Kananga, membre de la famille, les assaillants auraient encerclé la résidence avant de faire sortir certains membres de la famille, notamment Samuel, le petit frère de la victime.
Les hommes armés auraient ensuite retenu les parents et d’autres proches dans une chambre, avant de poursuivre leurs recherches après avoir constaté qu’ils n’avaient pas retrouvé la personne qu’ils cherchaient.
Selon ce témoignage, les assaillants auraient finalement retrouvé Victoire dans une autre pièce. Après lui avoir pris son téléphone et exigé d’autres biens matériels, ils auraient ouvert le feu sur lui alors qu’il détournait la tête.
« Victoire était en bonne santé durant toute la journée de dimanche. Il avait encore partagé des moments avec la famille. Mais vers minuit, des hommes armés sont arrivés, ils ont encerclé la parcelle et ont commencé leurs recherches. Après avoir fouillé plusieurs endroits, ils l’ont retrouvé dans une autre chambre et ils ont tiré sur lui avant de prendre la fuite », rapporte Kabambi Kananga.
Après le départ des assaillants, les membres de la famille ont réussi à sortir et ont découvert Victoire grièvement blessé. Il a été rapidement conduit à l’hôpital Matanda, mais les médecins n’ont pu que constater son décès. Cette disparition brutale a provoqué une vive émotion au sein de la communauté universitaire de Butembo et de Lubero. Les étudiants dénoncent une nouvelle atteinte au droit à la vie et réclament que justice soit faite.
Avant de se rendre à Beni pour les funérailles, les étudiants ont déposé un mémorandum auprès des autorités urbaines de Butembo. À travers leur représentant, Seth Bahemuka, coordonnateur de REC Butembo-Lubero, ils demandent l’ouverture d’une enquête sérieuse afin d’identifier les auteurs de cet assassinat et de les traduire devant la justice.
« La mort de notre camarade constitue une grave violation du droit fondamental à la vie. La communauté estudiantine est encore une fois frappée par un drame qui laisse des familles dans la douleur. Nous demandons aux autorités de tout mettre en œuvre pour retrouver les auteurs et éviter que de tels actes continuent à se répéter », a déclaré Seth Bahemuka.
L’assassinat de Muhindo Mutokambali Victoire ravive également les inquiétudes autour de la sécurité des étudiants dans la région. Il intervient quelques mois seulement après la mort de Kahindo Rozette, étudiante à l’Institut Supérieur des Techniques Médicales (ISTM) de Butembo, également tuée par des hommes armés.
Deux étudiants, deux familles endeuillées et une communauté universitaire qui continue de réclamer davantage de protection et de justice face à ces violences.
Reportage de Degusto MUHINDO