Butembo : plus de 44 000 enfants déplacés vivent dans la précarité, l’ISPRON lance un appel à la solidarité

Butembo : plus de 44 000 enfants déplacés vivent dans la précarité, l’ISPRON lance un appel à la solidarité

À l’occasion de la Journée de l’Enfant africain, les défenseurs des droits de l’enfant alertent sur la situation alarmante des mineurs ayant fui les violences dans l’Est de la RDC

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Ghislain Lukambo

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La ville de Butembo accueille actuellement plus de 44 000 enfants déplacés ayant fui l’insécurité dans plusieurs villages du Nord-Kivu. Ces chiffres ont été rendus publics par Marie-Jeanne Kavira, secrétaire exécutive de l’Initiative pour la Promotion des Enfants (ISPRON), à l’occasion de la Journée internationale de l’Enfant africain célébrée ce 16 juin.

Selon les statistiques communiquées, ces enfants sont composés de 22 599 filles et 22 173 garçons, tous contraints d’abandonner leurs foyers à cause des violences armées qui persistent dans l’Est du pays. Beaucoup vivent aujourd’hui dans des familles d’accueil ou dans des conditions précaires, avec un accès limité à l’éducation, aux soins de santé et à un accompagnement psychologique adapté.

Marie-Jeanne Kavira souligne que derrière ces chiffres se cachent des milliers d’histoires de souffrance.

« Ces enfants ont été brutalement arrachés à leur environnement familial. Beaucoup ont été témoins de violences, ont perdu des proches ou ont vu leurs villages détruits. Aujourd’hui, ils portent de lourds traumatismes psychologiques qui risquent d’affecter durablement leur développement. La guerre ne détruit pas seulement les infrastructures, elle détruit aussi l’avenir des enfants. »

La responsable de l’ISPRON a salué l’élan de solidarité manifesté par les habitants de Butembo qui continuent, malgré leurs propres difficultés, à accueillir et assister les familles déplacées.

« Nous tenons à remercier les familles qui ont ouvert leurs portes à ces enfants. Sans cette solidarité communautaire, la situation serait encore plus dramatique. Mais les besoins restent énormes et dépassent les capacités des ménages d’accueil. »

Elle appelle les autorités nationales et provinciales à redoubler d’efforts pour restaurer la paix dans l’Est du pays.

« La meilleure assistance que nous puissions offrir à ces enfants reste la fin de la guerre. Chaque jour de conflit produit de nouvelles victimes, de nouveaux déplacés et de nouveaux orphelins. Nous demandons aux décideurs de prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme à cette tragédie. »

L’ISPRON lance également un appel aux organisations humanitaires et aux personnes de bonne volonté afin de soutenir la prise en charge des enfants les plus vulnérables.

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