Les services de l’Office de Lutte contre la Corruption et la fraude commerciale, OBLC, ont procédé ce jeudi 21 mai à l’interception d’un camion transportant des marchandises frauduleusement dissimulées en ville de Butembo. Le véhicule de marque FUSO, en provenance de Nobili dans le territoire de Beni, convoyait une importante cargaison de boisson MALT venue de Tanzanie et non déclarée auprès des services habilités.
Selon les informations recueillies auprès des responsables de l’OBLC, l’opération est intervenue tôt dans la matinée après plusieurs heures de filature. Les agents affirment avoir suivi discrètement le camion jusqu’à son lieu de déchargement afin de procéder à une vérification minutieuse des marchandises transportées.
Sur place, les enquêteurs ont découvert plusieurs cartons de boissons soigneusement cachés parmi des produits officiellement déclarés dans les documents douaniers. Une pratique que les services de contrôle considèrent comme une fraude caractérisée causant un manque à gagner important au Trésor public.
Le chef d’antenne ad intérim de l’OBLC à Butembo, John Mwira, explique que cette interception illustre une réalité devenue fréquente dans les circuits commerciaux transfrontaliers du Nord-Kivu.
« Nous avons intercepté le camion et suivi son itinéraire jusqu’au lieu de déchargement. Sur place, nous avons découvert qu’une quantité importante de boissons n’avait pas été déclarée. C’est une fraude qui pénalise directement le Trésor public. »
Pour les autorités de l’OBLC, plusieurs opérateurs économiques continuent de contourner les procédures fiscales et douanières afin de maximiser leurs profits au détriment des recettes de l’État. Une situation qui fragilise davantage les finances publiques dans une province déjà confrontée à de nombreux défis sécuritaires et socio-économiques.
Les services de lutte contre la fraude estiment également que ce commerce clandestin crée une concurrence déloyale pour les commerçants qui respectent les règles fiscales. Certains opérateurs se retrouvent ainsi désavantagés face à des produits introduits frauduleusement sur le marché local à des coûts réduits.
Au-delà de cette saisie, l’OBLC insiste sur la nécessité de renforcer la sensibilisation des opérateurs économiques afin d’encourager une culture de transparence dans les activités commerciales.
« J’appelle les opérateurs économiques à collaborer étroitement avec les services de tutelle. Déclarer toute la marchandise, c’est se protéger. La fraude mène toujours à des pénalités, et parfois à des poursuites. »
Les responsables de l’OBLC rappellent que leur institution joue un rôle stratégique dans la contre-vérification des opérations d’importation et d’exportation. Sa mission consiste notamment à lutter contre la corruption, décourager la fraude commerciale et sécuriser les recettes publiques.
Dans une région frontalière comme le Nord-Kivu, où les échanges commerciaux avec les pays voisins restent particulièrement intenses, les autorités promettent de multiplier les opérations de contrôle afin de limiter les pratiques frauduleuses devenues récurrentes.
Cette nouvelle interception relance également le débat sur le renforcement des mécanismes de contrôle aux frontières ainsi que sur la responsabilité des opérateurs économiques dans la mobilisation des recettes publiques.
De retour, BABAKAR VIKWA