L'utilisation précoce des réseaux sociaux constitue une menace grandissante pour l'éducation, le développement psychologique et l'avenir des enfants. C'est l'avertissement lancé ce vendredi 24 juillet par Kakule Kombi Samuel, inspecteur au ministère de l'Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté dans la province éducationnelle Nord-Kivu II. Il invite les parents à exercer un contrôle accru sur l'accès des mineurs aux plateformes numériques, estimant que ceux-ci ne disposent pas encore de la maturité nécessaire pour distinguer les contenus bénéfiques des contenus nuisibles.
Intervenant au cours d'un entretien accordé à la RTEE KIVU, l'inspecteur de l'Éducation s'est dit préoccupé par la place grandissante qu'occupent les réseaux sociaux dans la vie quotidienne des enfants. Selon lui, l'exposition incontrôlée aux contenus diffusés sur internet influence négativement le comportement de nombreux jeunes, dont certains reproduisent des pratiques ou des attitudes observées en ligne sans en mesurer les conséquences.
Pour cet enseignant de carrière, la responsabilité première revient aux parents, qui doivent encadrer davantage l'utilisation des téléphones intelligents et des plateformes numériques par leurs enfants, tout en favorisant leur participation à des activités éducatives, sportives et professionnelles.
« Aujourd'hui, nous constatons que la morale de beaucoup d'enfants est sérieusement affectée par les réseaux sociaux. À leur âge, ils ne possèdent pas encore les capacités nécessaires pour analyser de manière critique tout ce qu'ils voient ou entendent sur ces plateformes. Ils ont souvent tendance à imiter certains comportements diffusés sur internet, parfois sans comprendre les dangers qu'ils représentent. C'est pourquoi les parents doivent limiter l'accès des mineurs aux réseaux sociaux et assurer un suivi permanent de leurs activités numériques », a déclaré Kakule Kombi Samuel.
L'inspecteur souligne également les conséquences psychologiques liées à une utilisation excessive des écrans. Il estime que les réseaux sociaux peuvent altérer les capacités de concentration, de réflexion et d'apprentissage des enfants, avec des répercussions directes sur leur parcours scolaire et leur développement personnel. Selon lui, le temps consacré aux téléphones et aux réseaux sociaux devrait être remplacé par des activités favorisant l'acquisition de compétences utiles, notamment la lecture, les travaux scolaires, les formations pratiques ou encore l'apprentissage de petits métiers.
« Au-delà de l'aspect moral, il y a aussi des conséquences psychologiques importantes. Une utilisation excessive des réseaux sociaux peut réduire la capacité des enfants à réfléchir, à se concentrer et à développer leur esprit critique. Les parents doivent donc les orienter vers des activités formatrices, comme la lecture, les études, les travaux éducatifs ou l'apprentissage de métiers qui leur permettront de construire leur avenir de manière responsable », a insisté l'inspecteur de l'Éducation.
À cette occasion, Kakule Kombi Samuel appelle les familles à instaurer des règles claires concernant l'utilisation des téléphones portables et d'internet au sein des foyers. Il estime qu'une meilleure communication entre parents et enfants est indispensable pour prévenir les dérives liées aux nouvelles technologies.
La question de la gestion des téléphones et des réseaux sociaux demeure aujourd'hui un défi majeur dans de nombreuses familles, où les divergences sur leur utilisation concernent non seulement les enfants, mais parfois aussi les adultes. Pour les spécialistes de l'éducation, un accompagnement parental renforcé reste essentiel afin de permettre aux jeunes de profiter des avantages du numérique tout en étant protégés contre ses nombreux risques.
Reportage de Moïse Ndugo
Rendu par Prisca Kibuka Nabintu