Butembo : les licenciés et gradués dénoncent les obstacles au recrutement dans les entreprises publiques

Butembo : les licenciés et gradués dénoncent les obstacles au recrutement dans les entreprises publiques

Manque de transparence, exigence d’expérience et favoritisme présumé ferment la porte à de nombreux jeunes diplômés

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Ange Kavuya

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À Butembo, plusieurs licenciés et gradués montent au créneau pour dénoncer les difficultés qu’ils rencontrent dans la recherche d’un emploi au sein des organisations et entreprises publiques. Interrogés ce mardi 28 avril 2026, ces jeunes diplômés décrivent un système de recrutement qu’ils jugent peu accessible et défavorable aux nouveaux candidats.

Parmi les griefs soulevés figure d’abord l’absence d’affichage public des offres d’emploi. Selon eux, plusieurs postes seraient attribués en interne ou sur recommandation, sans véritable appel à candidature ouvert.

« Nous terminons nos études avec beaucoup d’espoir, mais souvent les postes sont déjà occupés avant même que l’annonce ne soit connue », regrette un diplômé rencontré en ville.

Cette situation nourrit un sentiment d’exclusion chez de nombreux jeunes qui estiment ne pas bénéficier des mêmes chances d’accès au marché de l’emploi.

À cela s’ajoute l’exigence fréquente de trois à cinq années d’expérience professionnelle, une condition jugée irréaliste pour des candidats fraîchement sortis des universités et instituts supérieurs.

« On nous demande de l’expérience alors que personne ne veut nous donner notre première chance », déplore une licenciée en gestion.

Pourtant, plusieurs diplômés affirment disposer des compétences nécessaires pour occuper certains postes, mais se retrouvent automatiquement disqualifiés faute d’avoir déjà exercé ailleurs.

Contacté sur cette problématique, le chef des travaux Muhindo Tasi Jackson, économiste de formation et enseignant au département de gestion des ressources humaines à l’ISAM Lubero/Butembo, invite les jeunes chercheurs d’emploi à revoir certaines stratégies.

« Il faut insister dans le CV sur ce qu’on sait faire actuellement, c’est-à-dire sur les compétences, et non uniquement sur ce qu’on faisait auparavant », conseille-t-il.

L’universitaire recommande également aux étudiants d’anticiper leur insertion professionnelle en sollicitant des stages ou des emplois bénévoles.

« C’est un moyen de se créer des opportunités. J’encourage enfin la détermination dans l’entrepreneuriat », ajoute-t-il.

Face à ces obstacles persistants, plusieurs diplômés se tournent vers des activités alternatives telles que le commerce, le taxi-moto ou encore l’enseignement, parfois loin de leur domaine de formation initial.

Pour eux, ces activités constituent souvent une solution de survie plus qu’un véritable choix de carrière.

Les jeunes concernés lancent enfin un appel au gouvernement congolais afin de favoriser la création d’emplois pour les diplômés, tout en mettant en place des allègements fiscaux capables de stimuler l’entrepreneuriat local.

À Butembo, où la jeunesse représente une part importante de la population active, la question de l’emploi qualifié demeure plus que jamais un défi social et économique majeur.

Avec Esperanza SINDANI

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