Les enseignants affiliés à la Confédération démocratique du travail (CDT), Nord-Kivu 2, menacent de ne pas reprendre le chemin de l’école à la rentrée scolaire 2026-2027 si le gouvernement congolais ne donne pas suite à leurs principales revendications. Cette position a été exprimée ce vendredi 14 août 2026 à Butembo, à l’issue d’une assemblée générale des délégués syndicaux consacrée notamment à l’évaluation de l’année scolaire écoulée et à la préparation de la prochaine rentrée.
Réunis à Butembo, les enseignants membres de la Confédération démocratique du travail, CDT Nord-Kivu 2, ont dressé un bilan qu’ils jugent négatif de l’année scolaire 2025-2026. Au cours de cette rencontre syndicale, les participants ont passé en revue plusieurs difficultés auxquelles la corporation enseignante reste confrontée, notamment la question de la rémunération, la situation des nouvelles unités ainsi que celle des enseignants non payés.
À l’issue de leurs échanges, les délégués syndicaux ont arrêté plusieurs préalables qu’ils considèrent comme indispensables pour garantir une rentrée scolaire 2026-2027 dans un climat apaisé. Parmi ces exigences figure notamment la prise en compte effective des enseignants nouvelles unités ainsi que le paiement des enseignants jusque-là non payés.
Pour la CDT Nord-Kivu 2, la rentrée scolaire ne devrait pas être considérée uniquement comme une échéance administrative. Elle doit également être précédée par des mesures concrètes permettant aux enseignants de travailler dans des conditions jugées acceptables. Le syndicat estime ainsi que les engagements pris par le gouvernement doivent être respectés afin d’éviter de nouvelles frustrations au sein du personnel enseignant.
Selon les responsables syndicaux, le non-respect des engagements pris par les autorités risque de compromettre la reprise normale des activités scolaires dans plusieurs établissements de la province éducationnelle Nord-Kivu 2.
« Nous avons évalué l’année scolaire et nous avons constaté que beaucoup de problèmes restent encore sans solution. Pour une rentrée scolaire apaisée, nous demandons notamment au gouvernement de s’occuper de la situation des nouvelles unités et des enseignants non payés. Nous ne voulons pas arriver à la rentrée avec les mêmes revendications et les mêmes promesses. Si ces préalables ne sont pas pris en compte, les enseignants affiliés à la CDT se réservent le droit de boycotter la rentrée scolaire 2026-2027 », déclare un responsable de la CDT Nord-Kivu 2, dans des propos recueillis par Prisca Kibuka Nabintu, journaliste.
La question du paiement des enseignants non payés constitue particulièrement un point de tension. La CDT rappelle que le gouvernement congolais avait annoncé le paiement, au mois de juillet 2026, de plus de 2 000 enseignants non payés dans la province éducationnelle Nord-Kivu 2. Or, selon les syndicalistes, cette promesse n’a pas été concrétisée comme annoncé.
Cette situation alimente, d’après les représentants des enseignants, le sentiment de frustration au sein de la profession. Les enseignants concernés continuent d’exercer leurs fonctions tout en attendant leur prise en charge financière, ce que le syndicat considère comme une situation difficilement acceptable.
La CDT Nord-Kivu 2 affirme par ailleurs vouloir attirer l’attention de l’ensemble des partenaires du secteur de l’éducation sur cette situation. Les responsables syndicaux estiment que les difficultés rencontrées par les enseignants ne concernent pas uniquement leur corporation, mais qu’elles peuvent également avoir des répercussions sur le fonctionnement général du système éducatif et sur la qualité de l’encadrement des élèves.
« Le gouvernement avait promis de payer plus de 2 000 enseignants non payés pour le mois de juillet dans la province éducationnelle Nord-Kivu 2, mais jusqu’à présent, nous constatons que cette promesse n’a pas été réalisée. Nous prenons donc à témoins tous les partenaires de l’éducation. Si la situation reste inchangée et que nos revendications ne sont pas prises en compte, le gouvernement sera tenu pour responsable des éventuelles perturbations de l’année scolaire 2026-2027 », prévient un délégué syndical de la CDT Nord-Kivu 2, interrogé par Prisca Kibuka Nabintu, journaliste.
Dans leur déclaration rendue publique ce vendredi 14 août, les enseignants affiliés à la CDT appellent donc les autorités congolaises à engager des actions concrètes avant la rentrée scolaire. Ils souhaitent notamment voir les engagements annoncés précédemment traduits dans les faits, particulièrement en ce qui concerne le paiement des enseignants non payés et la situation des nouvelles unités.
La centrale syndicale dit privilégier le dialogue et une rentrée scolaire apaisée, mais estime que celle-ci ne pourra être garantie que si les revendications des enseignants trouvent des réponses appropriées. Elle prévient ainsi que l’absence de mesures concrètes pourrait conduire à des mouvements de protestation au moment de la reprise des cours.
À quelques semaines de la rentrée scolaire 2026-2027, la balle est désormais dans le camp du gouvernement congolais, appelé par la CDT à répondre aux préoccupations soulevées par les enseignants. La réaction des autorités et les éventuelles mesures prises dans les prochains jours seront donc déterminantes pour savoir si la menace de boycott sera maintenue ou si un compromis pourra être trouvé entre les parties.
Moise Ndungo, depuis Butembo