Faut-il craindre l'eau conservée longtemps dans une bouteille en plastique ? Alors que les unités de production d'eau minérale se multiplient à Butembo, la rumeur selon laquelle le plastique se dissoudrait dans l'eau après la date d'expiration inquiète certains consommateurs. Un expert chimiste, le chef de travaux Kanyere Nzilamba Telesphor, la réfute.

À Butembo, on compte désormais plusieurs dizaines de marques d'eau en sachet et en bouteille. Face à cette prolifération, certains consommateurs s'interrogent sur la qualité de l'eau conservée bien au-delà de la date limite indiquée. Interrogé par la RTEE Kivu, le chef de travaux Kanyere Nzilamba Telesphor, spécialiste en chimie pure, est formel : selon lui, l'eau ne peut pas dissoudre le plastique qui la contient.
« L'eau ne peut jamais dissoudre le plastique qui la contient. Le plastique est soluble dans des solvants organiques comme le chloroforme, pas dans l'eau. La crainte de voir le plastique se dissoudre dans l'eau, c'est impossible. Le plastique est un matériau non biodégradable et non soluble dans l'eau. Il ne peut être dissous que par des solvants organiques très puissants, et non par de l'eau minérale », a confié le chimiste Nzilamba.
Ce que l'on peut réellement observer après la date d'expiration, c'est autre chose.
« Ce qu'on peut voir au-delà de la date d'expiration, c'est la formation d'un dépôt de minéraux au fond de la bouteille, et peut-être le développement de certains micro-organismes si l'eau n'a pas été bien traitée. Et aussi la détérioration du goût et de l'aspect. Aussi, ces dépôts blanchâtres sont des sels minéraux, calcium, potassium, aluminium, qui, sous forme d'hydroxydes, deviennent insolubles. Si l'eau n'a pas été correctement traitée aux rayons ultraviolets ou à l'ozone, et sans conservateur comme le chlore, des débris organiques peuvent aussi favoriser la prolifération microbienne », soutient le chef de travaux Nzilamba.
Il appelle ainsi les consommateurs et les producteurs d'eau de Butembo à respecter la date d'expiration, non par peur du plastique, mais pour éviter de consommer une eau dont le goût, l'aspect et la qualité microbiologique se sont détériorés.
Ghislain Lukambo, à Butembo