Butembo : « La paix ne doit pas seulement être espérée, mais construite par la prière et les actes », plaident les confessions religieuses musulmanes et catholiques

Butembo : « La paix ne doit pas seulement être espérée, mais construite par la prière et les actes », plaident les confessions religieuses musulmanes et catholiques

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Ghislain Lukambo

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À l’occasion de la journée de jeûne et de prière pour la paix célébrée ce vendredi 14 août 2026, les confessions religieuses de Butembo, toutes tendances confondues, réaffirment leur engagement en faveur de la paix. Elles estiment que les prières des fidèles peuvent contribuer à mettre fin aux guerres et aux épidémies qui affectent la région, tout en appelant à accompagner la foi par des actions concrètes.

La ville de Butembo s’est jointe ce vendredi à la célébration de la journée de jeûne et de prière pour la paix. Dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et sanitaires dans la région, les responsables religieux considèrent cette journée comme une occasion de renforcer l’espérance et d’appeler les croyants à œuvrer davantage pour la paix.

Pour les confessions religieuses, le jeûne et la prière constituent des moyens de rapprocher les croyants de Dieu et de nourrir l’espoir d’un retour durable de la paix. Cette conviction est notamment défendue par le cheik Kasereka Abdul Malik, responsable musulman à Butembo.

Selon lui, certains développements récents sur le plan sécuritaire et politique peuvent être perçus comme des signes encourageants pour les croyants. Il cite notamment la non-avancée de la rébellion du M23, les initiatives et accords visant à favoriser la paix ainsi que la perspective annoncée d’un dialogue en République démocratique du Congo.

« Nous constatons aujourd’hui que les choses commencent à évoluer. La non-avancée de la rébellion du M23, les accords qui sont signés pour rechercher la paix et même la promesse de la tenue d’un dialogue en République démocratique du Congo donnent de l’espoir à la population. Pour nous, croyants, le jeûne et la prière ont leur importance dans cette démarche. Nous croyons que lorsque les fidèles prient et demandent sincèrement la paix, Dieu peut ouvrir des voies là où les hommes ne voient pas encore de solutions; » le cheikh Kasereka Abdul Malik s’exprimait dans un reportage réalisé par Babakar Vikwa pour la RTEE Kivu.

Cette conviction religieuse est également étendue au domaine sanitaire, particulièrement dans le contexte de l’épidémie d’Ebola qui affecte actuellement la RDC. Pour le responsable musulman, les croyants peuvent prier pour la fin de cette épidémie, mais la foi doit nécessairement être accompagnée par des comportements responsables.

Il insiste notamment sur le respect des mesures de prévention et des recommandations des autorités sanitaires. Selon lui, prier pour la fin d’une maladie ne dispense pas les populations de prendre les précautions nécessaires pour limiter sa propagation.

« Nous devons aussi comprendre que jeûner et prier ne suffit pas. Lorsque nous demandons à Dieu de nous protéger contre Ebola, nous devons également poser des actes responsables. Il faut respecter les mesures barrières, écouter les professionnels de santé et éviter les comportements qui peuvent favoriser la propagation de la maladie. La foi doit être accompagnée par l’action. C’est de cette manière que nous pouvons contribuer à la lutte contre Ebola et protéger nos communautés; » le cheik Kasereka Mandolani Abdul Malik, responsable musulman, a tenu ces propos dans le cadre de cette journée de jeûne et de prière pour la paix, dans un reportage de Babakar Vikwa pour la RTEE Kivu.

Du côté chrétien, la même conviction est exprimée. Kasereka Wabo, l’un des catéchistes catholiques de Butembo, estime que les communautés religieuses doivent elles aussi adapter certaines pratiques lorsque la situation l’exige, notamment pour préserver la santé et la paix sociale.

Il cite, à titre d’exemple, la récente mesure prise par la hiérarchie de l’Église catholique dans le diocèse de Butembo-Beni, portant suspension temporaire de certaines activités de masse au sanctuaire Marie Consolatrice des Affligés, MCA Vuhira, dans le cadre de la lutte contre Ebola.

Pour ce catéchiste, cette décision traduit une volonté de protéger les fidèles et de contribuer à la préservation de la cohésion sociale dans la région.

« L’Église aussi doit prendre ses responsabilités lorsqu’il y a une situation qui menace la communauté. La décision de suspendre temporairement certaines activités de masse au sanctuaire Marie Consolatrice des Affligés, MCA Vuhira, dans le cadre de la lutte contre Ebola, montre justement que nous devons mettre la protection de la population au centre de nos actions. Ce geste ne signifie pas que nous abandonnons la prière. Au contraire, nous continuons à prier, mais nous devons aussi prendre des décisions qui contribuent à préserver la paix sociale et la vie de notre population; » Kasereka Wabo, catéchiste catholique à Butembo, s’exprimait ainsi dans le reportage de Babakar Vikwa pour la RTEE Kivu.

Pour les responsables religieux, la journée de ce vendredi 14 août constitue donc un moment de recueillement, mais également un appel à la responsabilité collective. Dans une région confrontée aux violences armées et aux défis sanitaires, ils encouragent les fidèles à maintenir leur engagement spirituel tout en participant concrètement aux efforts de pacification et de protection des communautés.

La célébration de cette journée intervient sous un thème particulièrement évocateur pour le contexte de la région : « Que la paix ne soit pas seulement espérée, mais construite ».

Un message qui, selon les confessions religieuses de Butembo, invite chaque croyant et chaque citoyen à faire de la paix non seulement une intention exprimée dans la prière, mais aussi un engagement quotidien à travers le respect des autres, la solidarité, la vigilance et la responsabilité collective.

Reportage de Babakar Vikwa, rendu pour la RTEE Kivu.

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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