Butembo : la hausse du prix des cache-nez et gels désinfectants alimente la psychose

Butembo : la hausse du prix des cache-nez et gels désinfectants alimente la psychose

Après la confirmation des cas d’Ebola, la demande des produits de prévention explose dans la ville de Butembo, entraînant une flambée des prix.

A

Ange Kavuya

47 0

La confirmation des cas de la maladie à virus Ebola dans la ville de Butembo provoque une montée progressive de l’inquiétude au sein de la population. Depuis plusieurs jours, de nombreux habitants se ruent vers les pharmacies, boutiques et ateliers de couture afin de se procurer des cache-nez et des gels désinfectants destinés à la prévention de la maladie.

Pour évaluer la situation sur le terrain, la RTEE Kivu a effectué ce mercredi 20 mai une ronde dans différents points de vente du centre-ville. Le constat révèle une forte augmentation de la demande, largement supérieure à l’offre disponible sur certains marchés.

Dans plusieurs pharmacies visitées, le prix d’une boîte de cinquante cache-nez médicalisés est passé de 2,5 à 5 dollars américains en seulement quelques jours, depuis l’annonce officielle des cas d’Ebola dans la région.

Parallèlement, dans certaines officines ordinaires, les cache-nez sont désormais vendus à l’unité, à des prix oscillant entre 500 et 1 000 francs congolais. Face à cet engouement, plusieurs ateliers de couture de la ville se sont également lancés dans la fabrication artisanale de cache-nez en tissu.

À Londo notamment, les prix des masques en tissu varient selon la qualité et les modèles proposés. Quant aux gels désinfectants, les tarifs observés dans les pharmacies et boutiques fluctuent entre 2 et 10 dollars américains, en fonction des marques et des dimensions des flacons.

« Il y a quelques jours encore, personne ne se précipitait sur ces produits. Aujourd’hui, la peur d’Ebola pousse tout le monde à vouloir se protéger rapidement », témoigne un pharmacien du centre-ville.

Cette hausse des prix inquiète particulièrement les familles aux revenus modestes, qui craignent de ne plus pouvoir accéder facilement aux moyens élémentaires de prévention sanitaire.

Malgré ces difficultés, plusieurs habitants rencontrés affirment qu’ils préfèrent consentir à ces dépenses pour protéger leurs familles contre une éventuelle propagation du virus dans la ville.

« Même si les prix sont élevés, nous sommes obligés d’acheter ces produits pour éviter le pire. La santé de nos familles passe avant tout », explique une mère de famille rencontrée dans une pharmacie.

Pendant ce temps, les autorités sanitaires poursuivent leurs campagnes de sensibilisation sur le respect des mesures barrières, notamment le lavage régulier des mains, le port du cache-nez et l’évitement des contacts à risque. Les services de santé appellent également les commerçants à éviter toute spéculation abusive sur les produits de prévention pendant cette période de forte tension sanitaire.

Constat de MUHINDO Degusto

Tags : # Actualité

Articles similaires