BUTEMBO : Face au chômage, des jeunes misent sur les petits métiers pour construire leur avenir

Vernissage, manucure et pédicure : à 25 ans, Kambale Jérémie transforme l’auto-emploi en une réponse à la précarité

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Ange Kavuya

À Butembo, le chômage des jeunes demeure une réalité préoccupante. Toutefois, certains refusent de céder à l’oisiveté et choisissent de créer leurs propres opportunités à travers de petites initiatives génératrices de revenus. C’est notamment le cas de Kambale Jérémie, un jeune de 25 ans qui exerce les métiers de vernisseur, manucure et pédicure sur l’avenue Mikundi, dans la commune de Kimemi.

Assis devant son petit espace de travail, entouré de vernis, de limes et d’autres accessoires de beauté, le jeune homme accueille quotidiennement une clientèle variée. Pour lui, cette activité n’était pas un choix de départ, mais une nécessité née de plusieurs échecs dans la recherche d’un emploi stable.

« Après mes études, j’ai cherché du travail à plusieurs endroits, mais je n’ai jamais trouvé d’emploi. Au début, c’était très difficile parce que je dépendais encore de mes parents pour presque tout. Je me suis alors demandé ce que je pouvais faire pour ne plus rester à la maison sans occupation. J’ai commencé à m’intéresser au vernissage et aux soins esthétiques par curiosité. J’ai observé d’autres personnes travailler et, progressivement, j’ai appris le métier. Aujourd’hui, même si je ne gagne pas beaucoup d’argent, cette activité me permet de subvenir à certains de mes besoins, de contribuer à ma propre prise en charge et surtout de ne plus attendre chaque jour l’aide de mes parents », explique Kambale Jérémie.

Au-delà de l’aspect financier, le jeune entrepreneur considère son activité comme une école de responsabilité et de dignité. Il affirme que l’auto-emploi lui a permis de gagner en confiance et de développer un esprit de persévérance dans un contexte économique difficile.

Cependant, l’exercice de ce métier n’est pas exempt de difficultés. Kambale Jérémie évoque notamment le manque de moyens financiers, l’insuffisance du matériel de travail et la rareté de certains produits indispensables à son activité. Malgré ces obstacles, il dit rester déterminé à poursuivre son initiative.

« Nous rencontrons beaucoup de problèmes dans ce métier. Parfois, il manque de clients et les recettes de la journée sont très faibles. D’autres fois, les produits que nous utilisons deviennent coûteux et nous n’avons pas suffisamment de capital pour renouveler le matériel. Pourtant, nous continuons parce que nous savons que rester sans activité est encore plus difficile. J’appelle les autorités à multiplier les opportunités d’emploi et à soutenir les jeunes qui entreprennent déjà quelque chose. Beaucoup de jeunes ont des idées et des talents, mais ils manquent d’accompagnement. Si l’on soutient les initiatives des jeunes, on peut réduire considérablement le chômage et même contribuer au développement de la ville », plaide-t-il.

À travers son parcours, Kambale Jérémie lance également un message d’espoir à ses pairs. Il les encourage à ne pas avoir honte d’exercer de petits métiers et à développer des activités créatives et rentables. Pour lui, aucun travail honnête n’est insignifiant lorsqu’il permet de vivre dignement et de construire progressivement son avenir.

Dans une ville où le chômage pousse parfois certains jeunes au découragement ou à l’oisiveté, l’exemple de ce vernisseur de 25 ans illustre une autre réalité : celle d’une jeunesse qui, malgré les difficultés économiques, choisit l’initiative personnelle, la résilience et l’entrepreneuriat de proximité comme voies de survie et d’épanouissement.

ANGEL KAVUYA

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