Pour l’ancien journaliste Maître François Kalembo, la proximité, l’accessibilité et la crédibilité font de la radio un outil incontournable d’information et de mobilisation sociale dans la province de Lomami.
À l’heure où les réseaux sociaux occupent une place de plus en plus importante dans la circulation de l’information, la radio continue de conserver une influence majeure auprès des communautés, particulièrement dans les zones rurales de la province de Lomami. C’est l’avis de l’ancien journaliste Maître François Kalembo, qui estime que ce média traditionnel reste jusqu’à ce jour le plus accessible et le plus proche des populations. Dans un contexte marqué par l’expansion de plateformes numériques telles que WhatsApp, Facebook, TikTok ou encore YouTube, certains observateurs pourraient croire à une diminution du rôle de la radio. Une analyse que rejette l’ancien professionnel des médias, pour qui la force de la radio réside justement dans sa capacité à atteindre les populations qui restent éloignées des nouvelles technologies.
Selon lui, dans plusieurs territoires de Lomami, notamment à Kabinda, l’accès à Internet demeure limité en raison des contraintes liées à la connexion, au coût des appareils électroniques et à l’électricité. La radio reste donc un moyen d’information accessible à toutes les catégories sociales.
« La radio demeure une véritable puissance dans nos communautés parce qu’elle arrive là où les autres médias n’arrivent pas. Aujourd’hui, pour suivre une information sur les réseaux sociaux, il faut disposer d’un téléphone intelligent, d’une connexion Internet et parfois même d’une source d’énergie pour recharger son appareil. Mais avec une simple radio à piles ou à dynamo, une personne vivant dans un village éloigné peut écouter gratuitement les informations, suivre les émissions éducatives et participer à la vie de sa communauté. C’est cette proximité qui fait encore la grande force de la radio. Elle reste un média du peuple, un média qui accompagne les citoyens dans leur quotidien. », explique Maître François Kalembo.
L’ancien journaliste souligne également que la radio joue un rôle particulier auprès des populations qui ne savent pas lire ou écrire. Grâce aux émissions produites en langues locales, elle facilite la compréhension des messages et permet une communication directe entre les institutions et les citoyens. Au-delà de son rôle d’information, Maître François Kalembo rappelle que la radio constitue un outil stratégique en période de crise. Selon lui, lors des épidémies, des catastrophes naturelles ou des situations d’urgence, les autorités et les organisations humanitaires continuent de privilégier les stations radiophoniques pour sensibiliser rapidement les populations et combattre les fausses informations.
Il estime également que l’impact social de la radio reste considérable, car les messages diffusés par les autorités administratives, les responsables religieux ou les leaders communautaires continuent d’influencer positivement les comportements collectifs.
« Les réseaux sociaux n’ont pas remplacé la radio. Ils ont simplement changé la manière dont l’information circule aujourd’hui. La radio garde son importance parce qu’elle est accessible, gratuite et adaptée aux réalités de nos communautés. Elle parle aux populations dans leurs langues, elle accompagne les citoyens et elle reste une source de confiance. Dans les moments difficiles, c’est encore vers la radio que beaucoup de personnes se tournent pour chercher une information fiable. Nous devons donc continuer à respecter ce média, à l’encourager et à reconnaître son rôle essentiel dans l’éducation, la sensibilisation et le développement de notre société. », ajoute Maître François Kalembo.
Pour cet ancien journaliste, l’avenir des médias ne doit pas être perçu comme une opposition entre la radio et les plateformes numériques. Il estime plutôt que ces différents moyens de communication peuvent se compléter afin d’offrir aux populations une information plus rapide, plus accessible et plus proche de leurs préoccupations.
Dans la province de Lomami, comme dans plusieurs régions de la République démocratique du Congo, la radio continue ainsi de démontrer sa capacité à informer, éduquer et mobiliser les communautés, confirmant son statut de média de proximité par excellence.
Benjamin Lubo, depuis Kabinda