Ce phénomène, devenu récurrent selon plusieurs observateurs, interpelle aussi bien les professionnels de la santé mentale que les responsables religieux, qui appellent à une mobilisation collective pour prévenir de nouveaux drames.
Interrogé sur cette situation, le psychologue clinicien Robert Kambale Mahamba explique que le suicide est souvent la conséquence d’un ensemble de facteurs psychologiques, sociaux et économiques qui fragilisent progressivement les personnes concernées.
Selon lui, plusieurs réalités auxquelles fait face la population, notamment le chômage, l’insécurité, les difficultés économiques, les conflits familiaux, les déceptions sentimentales ou encore la dépression, peuvent conduire certaines personnes à un profond sentiment de désespoir lorsqu’elles ne bénéficient pas d’un accompagnement approprié.
« Derrière chaque acte suicidaire, il existe généralement une souffrance profonde qui mérite d’être comprise et prise en charge. Plusieurs facteurs peuvent contribuer à fragiliser une personne : le chômage, l’insécurité, les conflits familiaux, les déceptions affectives, l’isolement social ou encore certains troubles psychologiques comme la dépression. Il est important que la communauté apprenne à reconnaître les signes de détresse psychologique et à offrir une écoute bienveillante aux personnes en difficulté. Au lieu de juger ou de stigmatiser les victimes, nous devons encourager la prévention, l’accompagnement psychologique et la consultation des spécialistes dès les premiers signes de mal-être. Une personne qui exprime son désespoir a souvent besoin d’être écoutée et soutenue avant que la situation ne devienne critique. »
Le spécialiste insiste également sur l’importance de renforcer les mécanismes de soutien familial et communautaire afin de permettre aux personnes en détresse de trouver des espaces d’écoute et d’assistance adaptés à leurs besoins.
De son côté, le pasteur Wise Katya, pasteur associé de l’Église CBCA Kimbulu, aborde la question sous l’angle spirituel. Il rappelle que les enseignements bibliques valorisent la vie humaine et encouragent les croyants à persévérer malgré les épreuves.
« Les difficultés de la vie peuvent parfois sembler insurmontables, mais il est essentiel de rappeler que chaque vie a une valeur inestimable. La foi chrétienne enseigne que Dieu accompagne l’être humain même dans les moments les plus difficiles. C’est pourquoi nous encourageons les personnes qui traversent des situations de souffrance à rechercher le soutien de leurs proches, de leur communauté religieuse et des personnes capables de les écouter. La prière, la solidarité, le dialogue et l’accompagnement fraternel peuvent contribuer à redonner courage à ceux qui se sentent abandonnés ou découragés. Il est important de comprendre qu’aucune épreuve n’est définitive et qu’il existe toujours une possibilité de rebondir lorsque l’on accepte de se faire aider. »
Le responsable religieux invite également les familles à développer davantage la culture de l’écoute et de l’attention envers les membres les plus vulnérables, estimant que la prévention commence souvent dans le cercle familial et communautaire.
Face à cette problématique préoccupante, psychologues, responsables religieux et acteurs sociaux convergent vers un même message : renforcer l’écoute, la solidarité et l’accompagnement des personnes en détresse afin de prévenir les passages à l’acte et de restaurer l’espoir au sein de la communauté.
ANGE KAVUYA depuis Butembo