L’organisation Juristes Engagés pour la Défense des Droits de l’Homme (JEDHO) a organisé ce mardi à Butembo un atelier de coaching destiné aux activistes des droits humains afin de renforcer les mécanismes de protection des victimes et témoins de crimes graves, notamment les violences sexuelles liées aux conflits armés.
La formation, organisée dans la salle des réunions des Sœurs Orantes de Kasongomi, a réuni plusieurs défenseurs des droits humains venus approfondir leurs connaissances sur la documentation des violations, la préservation des preuves et la protection des victimes contre d’éventuelles représailles.
Au cours des travaux, les participants ont été initiés aux techniques modernes de monitoring des violations des droits humains et aux procédures permettant d’accompagner efficacement les survivants de violences.
Le président du Tribunal militaire de garnison de Butembo-Lubero, le magistrat Byamungu, a dressé un constat préoccupant de la situation dans le territoire de Lubero.
« Les violences sexuelles continuent de constituer l’une des conséquences les plus graves du conflit. Nous observons malheureusement que certains militaires figurent parmi les auteurs de ces actes. Toutefois, la justice militaire poursuit progressivement son travail et plusieurs condamnations ont déjà été prononcées contre les responsables. »
Pour Maître January Sibamutaki, chargé du monitoring au sein du JEDHO, le renforcement des capacités locales constitue un élément essentiel dans la lutte contre l’impunité.
« Les activistes sont souvent les premiers témoins des violations commises dans les communautés. Lorsqu’ils sont correctement formés, ils peuvent documenter les faits de manière professionnelle, protéger les victimes et contribuer efficacement au travail de la justice. »
Cette initiative intervient dans un contexte où les territoires de Beni et Lubero restent fortement affectés par les violences armées, avec des conséquences directes sur les populations civiles.