À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, prévue le mardi 1er septembre, l’incertitude gagne certains parents d’élèves à Butembo. Rencontrés ce jeudi 27 août par nos reporters, plusieurs disent hésiter encore à acheter les fournitures scolaires ou à finaliser l’inscription de leurs enfants, en raison des incertitudes qui entourent la reprise effective des cours dans les zones touchées ou exposées à la maladie à virus Ebola.
Pour certains parents, l’absence d’une communication définitive sur le maintien de la rentrée dans les zones concernées les pousse à temporiser avant d’engager des dépenses liées à la scolarité. Ils préfèrent attendre les orientations officielles avant de procéder à l’achat des uniformes, cahiers et autres fournitures scolaires.
D’autres parents ont déjà inscrit leurs enfants dans différents établissements et se préparent à la reprise des cours. Mais ceux-ci font face à une autre difficulté : la hausse des prix de plusieurs fournitures scolaires observée sur les marchés.
Entre hésitation et volonté de préparer leurs enfants, les parents rencontrés par la RTEE Kivu expliquent les difficultés auxquelles ils sont confrontés à quelques jours de la rentrée :
« Nous sommes vraiment dans une situation d’incertitude parce que la rentrée scolaire approche, mais nous ne savons pas encore clairement si les activités vont effectivement commencer dans les zones qui sont concernées par la maladie à virus Ebola. Pour nous, parents, il est difficile de dépenser beaucoup d’argent pour acheter les fournitures scolaires alors que nous ne savons pas encore dans quelles conditions nos enfants vont reprendre les cours. Certains parents ont déjà commencé les inscriptions et les achats, mais d’autres préfèrent attendre une communication claire des autorités. Il y a aussi le problème de la hausse des prix des fournitures scolaires. Même lorsqu’on décide de préparer les enfants, on constate que les cahiers, les uniformes, les sacs et d’autres matériels coûtent plus cher qu’auparavant. Cela devient difficile pour plusieurs familles. Mais au-delà de l’aspect financier, notre principale préoccupation reste la santé de nos enfants. Avec la résurgence de la maladie à virus Ebola, nous voulons être rassurés sur les conditions dans lesquelles les élèves vont étudier. Nous demandons aux responsables des écoles et aux enseignants de prendre toutes les précautions nécessaires, notamment en matière d’hygiène et de prévention. Nous sommes prêts à accompagner les écoles et à sensibiliser nos enfants, mais nous voulons aussi que les établissements soient suffisamment préparés pour éviter toute propagation de la maladie en milieu scolaire. Nous espérons donc que les autorités pourront rapidement clarifier la situation afin que nous sachions quoi faire et que nos enfants puissent, si les conditions le permettent, reprendre les cours en toute sécurité », témoignent plusieurs parents.
Au-delà des préparatifs scolaires, la résurgence de la maladie à virus Ebola demeure donc une source d’inquiétude pour plusieurs familles. Les parents disent vouloir tout mettre en œuvre pour protéger leurs enfants et appellent les responsables des établissements à accorder une attention particulière aux mesures d’hygiène.
Ils souhaitent notamment que les écoles disposent de dispositifs permettant le lavage régulier des mains et que les enseignants puissent sensibiliser les élèves aux comportements à adopter face aux risques de contamination.
D’autres parents, déjà engagés dans les préparatifs, insistent eux aussi sur la nécessité de faire de la sécurité sanitaire une priorité au moment de la reprise des cours :
« Nous voulons que nos enfants étudient, parce que leur formation ne doit pas être interrompue, mais nous voulons surtout qu’ils soient en sécurité. Si la rentrée est maintenue, les écoles doivent être préparées et les mesures de prévention doivent être respectées de manière stricte. Les enfants sont en contact les uns avec les autres pendant plusieurs heures et il faut donc éviter toute négligence. Nous demandons aux enseignants et aux responsables des établissements de sensibiliser les élèves, de veiller à l’hygiène et de signaler rapidement toute situation suspecte aux services compétents. De notre côté, nous allons également sensibiliser nos enfants à la maison et leur apprendre à respecter les mesures recommandées. Mais nous avons besoin d’une communication claire des autorités sur la rentrée scolaire, surtout dans les zones où la maladie à virus Ebola constitue une menace. Nous ne voulons pas que les parents soient obligés de prendre des décisions dans l’incertitude. Il faut que nous sachions si les cours commencent normalement, quelles mesures seront prises dans les écoles et comment les enfants seront protégés. Notre souhait est que l’éducation puisse continuer, mais dans des conditions qui garantissent réellement la sécurité des élèves, des enseignants et de toute la communauté scolaire », ajoutent-ils.
Selon le calendrier scolaire national, la reprise des cours pour l’année scolaire 2026-2027 est prévue le mardi 1er septembre. Toutefois, les discussions se poursuivent à Kinshasa entre les acteurs éducatifs afin de déterminer les modalités de la rentrée, particulièrement dans les zones exposées à la maladie à virus Ebola.
À Butembo, les parents restent donc dans l’attente de cette décision, entre la nécessité de préparer la rentrée et la volonté de garantir la sécurité sanitaire de leurs enfants.
Ange Kavuya depuis Butembo