Vingt-huit ans après les massacres tragiques de Kikyo, la ville de Butembo s’est une nouvelle fois recueillie ce mardi 14 avril 2026, dans une atmosphère mêlant douleur, mémoire et espoir de justice.
À l’occasion de cette commémoration, l’organisation Africa Ricosuld a annoncé une initiative majeure en faveur des survivants : la mise en place d’un programme d’accompagnement psychosocial gratuit.
Son point focal à Butembo, Jimmy Kambale MwanaMuto, a précisé que cette prise en charge vise à soulager les traumatismes encore profondément ancrés chez les victimes.
« D’ici deux semaines, nous allons lancer une opération d’écoute des victimes. Un cadre spécial sera mis en place pour leur permettre de s’exprimer librement et de bénéficier d’un accompagnement adapté », a-t-il indiqué.
Une annonce saluée par plusieurs acteurs locaux, alors que les séquelles psychologiques de ces violences restent visibles près de trois décennies plus tard.
Parallèlement, une messe d’action de grâce a été célébrée à la paroisse catholique de Lyambo, en mémoire des victimes. Plusieurs personnalités ont pris part à cette cérémonie, dont les députés provinciaux Christian Mafungula, Kambale Kibakose Moïse et Chafi Musitu.
Ces derniers ont salué l’engagement de Katembo Tsongo Léon dans l’encadrement des survivants, tout en réaffirmant leur détermination à voir la justice triompher.
« Nous restons confiants que justice sera faite. Les auteurs de ces crimes sont connus, et certains sont encore en vie », a déclaré Chafi Musitu au nom de la délégation.
De leur côté, les survivants regroupés au sein du collectif COVISMAKI ont renouvelé leur plaidoyer pour l’instauration d’un tribunal spécial à Butembo.
Selon leur coordonnateur, Milton, cette question dépasse le cadre local.
« Il s’agit d’une question à portée internationale. Elle est déjà documentée dans le rapport Mapping. Il est temps que justice soit rendue aux victimes », a-t-il martelé.
La journée a également été marquée par une procession à travers la ville, réunissant mouvements citoyens et groupes de pression. Des gerbes de fleurs ont été déposées sur les fosses communes, au cimetière de Kitatumba ainsi que sur la croix symbolique du centre Uhai Kikyo.
En clôture, un bain de consolation a été organisé à l’espace Furu, dans un moment de solidarité collective.
« Nous remercions tous ceux qui ont participé à cet événement. C’est grâce à l’appui de plusieurs acteurs, notamment Katembo Tsongo Léon, que cette commémoration a été une réussite », a déclaré Kakule Vicky.
Entre mémoire et revendications, les survivants continuent de porter une même exigence : vérité, justice et réparation.