Beni : la société civile de Baswagha-Madiwe alerte sur une dégradation de la situation sécuritaire

Beni : la société civile de Baswagha-Madiwe alerte sur une dégradation de la situation sécuritaire

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Ghislain Lukambo

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Après des incursions attribuées aux rebelles ADF et un incident impliquant un militaire des FARDC, les Forces vives appellent au renforcement de la protection des populations civiles et de la collaboration entre les habitants et les services de sécurité.

La société civile Forces vives du groupement de Baswagha-Madiwe, en territoire de Beni, tire la sonnette d'alarme face à ce qu'elle qualifie de détérioration de la situation sécuritaire dans cette partie du Nord-Kivu. Son président, Justin Paluku Kavalami, affirme que les populations vivent dans une inquiétude croissante à la suite de nouvelles incursions attribuées aux combattants des ADF et d'incidents sécuritaires enregistrés ces derniers jours. Joint ce dimanche 5 juillet par notre correspondant à Beni, Justin Paluku Kavalami indique que les mouvements des rebelles vers Pangoyi, à l'ouest du groupement, ont provoqué des déplacements de plusieurs habitants, qui ont préféré quitter leurs villages par crainte d'éventuelles attaques. Selon lui, cette situation accentue davantage la vulnérabilité des communautés locales déjà éprouvées par plusieurs années d'insécurité.

Le président des Forces vives fait également état d'un autre incident survenu à Ngoyo, où des civils auraient été blessés par balle lors d'un événement impliquant un élément des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Il appelle à ce que les circonstances de cet incident soient établies afin que la population retrouve confiance dans les dispositifs de sécurité déployés dans la région.

« La situation sécuritaire reste très préoccupante dans notre groupement. Depuis les incursions signalées vers Pangoyi, plusieurs familles ont préféré abandonner leurs habitations pour se mettre à l'abri. Les habitants vivent dans la peur permanente et ne savent plus à quel moment ils peuvent reprendre leurs activités habituelles. À cela s'ajoute l'incident enregistré à Ngoyo, où des civils ont été blessés par balle. Nous demandons que toute la lumière soit faite sur ces faits et que les mesures nécessaires soient prises pour garantir la sécurité de la population. Les habitants ne doivent pas être les premières victimes de cette insécurité persistante. », a déclaré Justin Paluku Kavalami.

Face à cette situation, la société civile invite les populations à faire preuve de vigilance et à renforcer la collaboration avec les services de sécurité. Elle encourage les habitants à signaler rapidement tout mouvement suspect susceptible de menacer la sécurité des villages. Selon Justin Paluku Kavalami, cette collaboration entre civils et forces de défense demeure indispensable pour prévenir les attaques et faciliter les interventions des services compétents. Il estime toutefois que cette coopération doit s'accompagner d'une présence accrue des forces de sécurité dans les zones les plus exposées.

« Nous appelons la population à rester vigilante et à transmettre sans délai toute information utile aux services de sécurité. La lutte contre l'insécurité est une responsabilité partagée, mais elle exige également une présence plus visible des forces de défense dans les localités exposées. Nous demandons aux autorités de renforcer les patrouilles, de sécuriser les villages menacés et de consolider la collaboration civilo-militaire afin de restaurer progressivement la confiance des populations. Sans un engagement renforcé de tous les acteurs, il sera difficile de mettre fin aux souffrances que connaissent nos communautés. », a insisté le président de la société civile de Baswagha-Madiwe.

La société civile espère que ces préoccupations seront prises en compte par les autorités compétentes afin de prévenir de nouvelles violences et de permettre aux populations déplacées de regagner leurs villages dans des conditions de sécurité. Elle réaffirme son engagement à poursuivre la sensibilisation communautaire et à servir d'interface entre les habitants et les services de sécurité.

Reportage de Faraja Katho depuis Beni.

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