La découverte d'un nouveau corps sans vie dans la localité de Ngala confirme la dégradation continue de la situation sécuritaire dans le groupement Baswagha-Madiwe, en territoire de Beni. Face à cette recrudescence des violences, la société civile appelle les habitants à redoubler de vigilance et demande un renforcement des opérations de sécurisation. La situation sécuritaire reste particulièrement préoccupante dans le groupement Baswagha-Madiwe, situé en territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Malgré les opérations militaires en cours dans cette région, des hommes armés présentés comme appartenant aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) continuent d'être signalés dans plusieurs localités, notamment à Bapakombe-Pendekali, où leur présence entretient un climat de peur permanent parmi les populations civiles.
La tension est montée d'un cran ce samedi 18 juillet avec la découverte du corps sans vie d'un habitant dans la localité de Ngala. Selon les informations recueillies auprès des acteurs locaux, cette nouvelle victime porte à cinq le nombre de civils tués depuis l'incursion des assaillants dans la zone de Mununze. Ces violences répétées provoquent des mouvements de populations, perturbent les activités agricoles et commerciales, et accentuent la psychose au sein des communautés qui vivent désormais dans la crainte d'une nouvelle attaque. Les habitants de Bapakombe-Pendekali et des villages environnants indiquent que les mouvements des hommes armés continuent d'être observés dans plusieurs secteurs du groupement. Cette présence constitue une menace permanente pour les cultivateurs qui hésitent à se rendre dans leurs champs, tandis que de nombreuses familles limitent leurs déplacements, craignant d'être surprises par les assaillants sur les différents axes ruraux.
Face à cette situation, la société civile de Baswagha-Madiwe exprime sa vive inquiétude. Son président, Justin Paluku Kavalami, estime que les populations locales demeurent les premières victimes de cette insécurité persistante et plaide pour un renforcement des dispositifs de protection des civils. Il invite également les habitants à collaborer davantage avec les services de sécurité en signalant tout mouvement suspect susceptible de prévenir de nouvelles attaques.
« Nous appelons toute la population du groupement Baswagha-Madiwe à rester extrêmement vigilante. Les informations dont nous disposons montrent que des hommes armés continuent d'être visibles dans la région de Bapakombe-Pendekali. Il est important que chacun évite les déplacements inutiles dans les zones forestières, respecte les consignes des autorités et transmette rapidement toute information pouvant permettre aux forces de sécurité d'intervenir à temps. La protection des civils passe aussi par une bonne collaboration entre la population et les services compétents. », a déclaré Justin Paluku Kavalami, président de la société civile de Baswagha-Madiwe.
L'acteur de la société civile rappelle que les attaques successives enregistrées depuis l'incursion de Mununze témoignent de la capacité de nuisance des groupes armés qui continuent d'opérer dans cette partie du territoire de Beni. Selon lui, la persistance de ces incursions nécessite des réponses sécuritaires adaptées afin d'empêcher les assaillants de poursuivre leurs exactions contre les populations civiles.
« Le bilan qui s'alourdit aujourd'hui avec cinq civils tués est extrêmement préoccupant. Nous demandons aux autorités militaires et administratives de renforcer la présence des forces de défense dans les zones les plus exposées afin de rassurer la population et de permettre la reprise normale des activités socio-économiques. Les habitants vivent dans une peur permanente, certains abandonnent leurs champs et leurs villages. Il devient urgent de consolider les dispositifs de sécurité pour éviter que d'autres familles ne soient endeuillées. », a insisté Justin Paluku Kavalami.
Alors que les habitants de Baswagha-Madiwe espèrent un retour durable de la sécurité, les autorités sont appelées à intensifier les efforts de sécurisation dans cette partie du territoire de Beni, régulièrement confrontée aux incursions des rebelles ADF. La population, quant à elle, demeure en état d'alerte, dans l'attente de mesures capables de restaurer la confiance et de garantir la protection effective des civils.
Faraja Katho depuis Beni