Parmi les voix qui se sont élevées après cette nouvelle tragédie figure celle de l'ancien député national Jean-Baptiste Kasekwa, qui dénonce ce qu'il considère comme une insuffisante prise en compte de la menace des Forces démocratiques alliées (ADF) dans les priorités sécuritaires nationales et internationales.
Profondément préoccupé par la recrudescence des attaques attribuées à ce groupe armé, l'ancien élu de Goma estime que la question des ADF semble être reléguée au second plan alors que les regards sont principalement tournés vers la crise sécuritaire liée à l'AFC/M23 dans l'Est de la République démocratique du Congo.
Selon lui, les massacres récurrents enregistrés dans les territoires de Beni et d'Irumu devraient davantage mobiliser les autorités congolaises ainsi que les partenaires internationaux de la RDC.
« Les ADF continuent de semer la mort parmi les populations civiles, mais leur neutralisation ne semble pas figurer parmi les priorités des grandes discussions sécuritaires en cours », a-t-il regretté.
Jean-Baptiste Kasekwa s'interroge notamment sur l'absence de cette problématique dans les différents cadres de coopération entre Kinshasa et ses partenaires occidentaux, en particulier les États-Unis. Il rappelle que Washington a déjà apporté son soutien à plusieurs pays africains confrontés à des groupes qualifiés de terroristes, notamment dans la lutte contre Boko Haram au Nigeria.
Pour l'ancien parlementaire, une implication plus soutenue des États-Unis pourrait contribuer à renforcer les capacités opérationnelles engagées contre les ADF et accélérer les efforts visant à mettre fin aux violences qui frappent depuis plusieurs années les populations du Nord-Kivu et de l'Ituri.
Au-delà de l'appui international, Jean-Baptiste Kasekwa appelle également le gouvernement congolais à accorder une attention particulière à la situation sécuritaire dans la région de Beni. Il estime que les habitants de cette partie du pays continuent de payer un lourd tribut malgré l'état de siège et les différentes opérations militaires menées contre les groupes armés.
Face à cette situation, il invite les populations de l'Est de la RDC à se mobiliser pacifiquement pour exiger des mesures plus efficaces en faveur de la sécurité. Il encourage également les opérateurs économiques et les forces vives de la région à interpeller les autorités afin que la protection des civils et la neutralisation définitive des ADF soient érigées en priorité nationale.
Ce nouveau bain de sang à Beni relance une fois de plus le débat sur l'efficacité des stratégies sécuritaires mises en œuvre dans l'Est du pays. Pour de nombreux observateurs, la persistance des massacres malgré les dispositifs militaires en place souligne l'urgence de renforcer les mécanismes de prévention et de lutte contre les groupes armés qui continuent de menacer les populations civiles.
En reportage indifféré, Degusto Muhindo