Beni : AMKA Congo et le mouvement Congolais Debout dénoncent la vente obligatoire de cache-nez à la Cour militaire du Nord-Kivu

Beni : AMKA Congo et le mouvement Congolais Debout dénoncent la vente obligatoire de cache-nez à la Cour militaire du Nord-Kivu

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Ghislain Lukambo

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Le collectif citoyen AMKA Congo et le mouvement Congolais Debout dénoncent ce qu'ils qualifient de dérive dans l'application des mesures de prévention contre la maladie à virus Ebola à la Cour militaire du Nord-Kivu, siégeant à Beni. Dans une correspondance adressée le mardi 21 juillet au Chef de division provinciale de la Santé, les deux organisations accusent les responsables de cette juridiction d'imposer aux visiteurs l'achat obligatoire d'un cache-nez au prix de 1 000 francs congolais avant de leur autoriser l'accès aux installations. Elles estiment que cette pratique ne repose sur aucune recommandation officielle de la riposte contre Ebola et demandent aux autorités sanitaires d'intervenir afin d'y mettre un terme.

Selon les signataires de cette lettre, toute personne souhaitant accéder à la Cour militaire est contrainte d'acheter un cache-nez sur place, indépendamment du fait qu'elle en possède déjà un répondant aux exigences sanitaires. Pour AMKA Congo et le mouvement Congolais Debout, cette exigence constitue une interprétation abusive des mesures de prévention mises en place dans le cadre de la riposte contre Ebola.

Les deux organisations affirment avoir saisi les autorités sanitaires provinciales afin qu'elles évaluent la conformité de cette pratique avec les directives officielles. Elles soutiennent que les mesures de prévention doivent être appliquées dans le strict respect des recommandations des équipes de riposte et ne sauraient être transformées en une obligation financière imposée aux citoyens qui fréquentent un service public.

« Nous ne remettons nullement en cause les mesures de prévention contre Ebola. Au contraire, nous encourageons leur stricte application pour protéger la population. Ce que nous dénonçons, c'est l'obligation faite aux visiteurs d'acheter systématiquement un cache-nez à 1 000 francs congolais avant d'accéder à la Cour militaire, même lorsqu'ils disposent déjà d'un masque conforme. Cette pratique ne figure dans aucune directive officielle de la riposte et risque de créer une confusion dans l'esprit de la population. Les mesures sanitaires doivent protéger les citoyens et non devenir une contrainte financière supplémentaire », a déclaré Jack Sinzahera, cadre d'AMKA Congo.

Au-delà de cette obligation, les deux structures disent avoir constaté ce qu'elles considèrent comme une application sélective des mesures de prévention. Elles affirment que certains militaires affectés à la sécurité de la Cour militaire ne porteraient pas eux-mêmes de cache-nez, alors que cette exigence est imposée aux visiteurs. Pour AMKA Congo, une telle situation fragilise la crédibilité des campagnes de sensibilisation menées par les autorités sanitaires et risque d'affaiblir l'adhésion de la population aux mesures de lutte contre Ebola.

« Si le port du cache-nez est réellement une exigence sanitaire destinée à protéger tout le monde, cette obligation doit s'appliquer de manière équitable à toutes les personnes présentes dans l'enceinte de la Cour militaire, y compris les agents chargés de la sécurité. On ne peut pas demander un effort aux citoyens tout en donnant l'impression que certains sont exemptés des mêmes règles. Nous demandons au Chef de division provinciale de la Santé d'effectuer des vérifications et de prendre les dispositions nécessaires afin que les mesures de prévention soient appliquées conformément aux recommandations officielles de la riposte », a ajouté Jack Sinzahera.

Les organisations signataires de la correspondance espèrent une réaction rapide des autorités sanitaires afin de clarifier les modalités d'application des mesures de prévention dans les services publics. Elles réaffirment leur soutien aux efforts engagés dans la lutte contre Ebola, tout en plaidant pour une application transparente, uniforme et conforme aux directives officielles, dans le respect des droits des usagers.

Faraja Katho depuis la ville de Beni

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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