Walungu : à Kamanyola, les peuples autochtones pygmées alertent sur la dégradation de leurs conditions de vie

Walungu : à Kamanyola, les peuples autochtones pygmées alertent sur la dégradation de leurs conditions de vie

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Ghislain Lukambo

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À Kamanyola, dans le territoire de Walungu, les peuples autochtones pygmées font face à une situation sociale et économique de plus en plus difficile, sur fond d’insécurité persistante dans plusieurs zones de la région. L’accès limité aux forêts et aux ressources naturelles, qui constituent traditionnellement une source importante de subsistance pour ces communautés, a fortement réduit leurs possibilités de mener leurs activités habituelles. Plusieurs familles se retrouvent ainsi confrontées à des difficultés pour répondre à leurs besoins essentiels, tandis que la scolarisation des enfants devient également un défi.

À l’occasion de la Journée internationale des peuples autochtones, célébrée le 9 août, leurs représentants appellent les autorités congolaises ainsi que les organisations humanitaires à renforcer leur assistance et à prendre davantage en compte leurs droits et leurs besoins spécifiques. Selon Anonciata Agathe, représentante des peuples autochtones pygmées à Kamanyola, la situation s’est particulièrement détériorée avec les restrictions liées à l’insécurité, qui empêchent de nombreuses familles d’accéder normalement aux espaces où elles exerçaient leurs activités traditionnelles.

La poterie, notamment, demeure une activité importante pour plusieurs ménages, mais les difficultés économiques et sécuritaires réduisent considérablement les possibilités de production et de commercialisation.

« Nous vivons actuellement une situation très difficile. L’insécurité nous empêche d’accéder normalement aux endroits où nous avions l’habitude de trouver nos moyens de subsistance. Nos activités traditionnelles sont fortement perturbées et beaucoup de familles n’arrivent plus à répondre correctement aux besoins de leurs enfants. La poterie, qui permettait à certaines femmes et à plusieurs familles de gagner un peu d’argent, ne rapporte plus comme avant. Nous avons donc besoin d’un accompagnement réel, parce que nous ne pouvons pas rester dans cette situation sans assistance. Nous demandons aux autorités de penser à nous et de garantir nos droits, mais également aux organisations humanitaires de renforcer leur aide en faveur des peuples autochtones de Kamanyola », a déclaré Anonciata Agathe, représentante des peuples autochtones pygmées à Kamanyola, au micro d’Eugide Abalawi.

Au-delà des difficultés économiques, la représentante des peuples autochtones alerte également sur les conséquences de cette précarité sur l’éducation des enfants. Plusieurs familles éprouvent des difficultés à assurer les frais liés à la scolarité, alors que les ressources dont elles disposaient traditionnellement se raréfient. Les représentants des pygmées souhaitent ainsi que les programmes d’assistance prennent davantage en compte leurs besoins spécifiques et que des solutions durables soient envisagées pour leur permettre de retrouver des moyens de subsistance adaptés à leur situation.

« Notre préoccupation concerne aussi nos enfants. Nous voulons qu’ils puissent aller à l’école comme les autres enfants, mais lorsque les parents n’ont plus de revenus et ne peuvent même pas assurer les besoins alimentaires de la famille, il devient très difficile de payer les frais scolaires et de préparer correctement la rentrée. Nous demandons donc un soutien qui puisse nous permettre de retrouver des activités génératrices de revenus et de vivre dans la dignité. Nous voulons aussi que nos droits soient respectés et que nous soyons associés aux décisions qui concernent notre communauté. Nous ne demandons pas de vivre uniquement de l’assistance ; nous voulons surtout avoir les moyens de travailler et de permettre à nos enfants de construire leur avenir. Les autorités et les organisations humanitaires doivent donc renforcer leurs interventions en faveur des peuples autochtones de Kamanyola », a ajouté Anonciata Agathe, représentante des peuples autochtones pygmées à Kamanyola, au micro d’Eugide Abalawi.

Cette situation intervient alors que la Journée internationale des peuples autochtones met chaque année l’accent sur la protection des droits, la préservation des moyens de subsistance et la participation des communautés autochtones à la vie sociale et économique. À Kamanyola, les représentants des peuples autochtones souhaitent que cette journée soit surtout l’occasion d’actions concrètes en faveur des familles confrontées à la précarité et aux conséquences de l’insécurité.

EUGIDE ABALAWI, depuis le Sud-Kivu

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