Dans la province de la Tshopo, les autorités sanitaires misent sur l’implication des responsables religieux pour renforcer la sensibilisation de la population face à la maladie à virus Ebola, liée à la souche Bundibugyo. À Kisangani, un atelier a été organisé ce jeudi 27 août 2026 à l’intention des leaders religieux afin de les outiller en connaissances nécessaires pour relayer les messages de prévention au sein de leurs communautés.
Durant cette rencontre, les participants ont été sensibilisés sur la maladie à virus Ebola, ses modes de transmission ainsi que les mesures de prévention à observer pour limiter les risques de propagation. L’objectif est de permettre aux responsables religieux de devenir des relais fiables auprès de leurs fidèles et de contribuer davantage à la mobilisation communautaire.
Le choix des responsables religieux n’est pas anodin. Présents au quotidien dans les communautés et en contact régulier avec un grand nombre de fidèles, ils disposent d’un cadre privilégié pour transmettre des informations sanitaires et encourager l’adoption des comportements recommandés.
Au-delà de la sensibilisation, les autorités sanitaires comptent également sur ces leaders pour contribuer à lutter contre les rumeurs et les fausses informations autour de la maladie. Ils sont ainsi appelés à orienter les membres de leurs communautés vers les structures sanitaires en cas de signes suspects et à promouvoir les mesures de prévention.
Pour les autorités sanitaires, l’implication des responsables religieux doit permettre de rapprocher davantage les messages de prévention des communautés. Elles expliquent que leur rôle ne doit pas se limiter à la transmission d’informations, mais également contribuer à instaurer la confiance et à favoriser une réponse communautaire efficace face à Ebola :
« Nous avons choisi de travailler avec les responsables religieux parce qu’ils sont très proches de la population et qu’ils ont une grande capacité de mobilisation. À travers leurs églises, leurs mosquées et les différentes communautés de fidèles, ils peuvent toucher un nombre important de personnes et transmettre des messages qui peuvent contribuer à prévenir la propagation de la maladie. Nous avons donc voulu les outiller avec des informations fiables sur Ebola, afin qu’ils puissent comprendre la maladie, connaître les mesures de prévention et surtout savoir comment orienter les personnes qui présentent des signes suspects. Nous attendons également d’eux qu’ils nous aident à combattre les rumeurs et les fausses informations, parce qu’en période d’épidémie, une mauvaise information peut avoir des conséquences graves. La lutte contre Ebola ne peut pas être laissée uniquement aux professionnels de santé. Elle nécessite l’implication de toute la communauté, et les responsables religieux ont justement cette possibilité de toucher les familles et de faire passer les messages jusque dans les lieux de culte. Nous les encourageons donc à utiliser leurs espaces de rassemblement pour sensibiliser régulièrement les fidèles et à collaborer avec les services sanitaires afin que nous puissions ensemble réduire les risques de propagation de cette maladie dans la province de la Tshopo », a expliqué un responsable sanitaire.
À l’issue de cet atelier, les leaders religieux sont appelés à mettre en pratique les connaissances acquises et à intégrer les messages de prévention dans leurs activités auprès des fidèles.
Cette stratégie vise à renforcer la mobilisation communautaire et à favoriser une meilleure appropriation des mesures de prévention, alors que les autorités sanitaires poursuivent leurs efforts pour contenir la maladie à virus Ebola dans la province de la Tshopo.
Depuis Kisangani, reportage Élie Lenge