À Kisangani, dans la province de la Tshopo, le fonctionnement du PK13, point de passage important pour les véhicules transportant des marchandises, suscite des inquiétudes chez certains usagers et acteurs politiques. Plusieurs pratiques observées sur ce site font l’objet de critiques, notamment les frais de stationnement imposés aux gros camions, l’obligation faite à certains transporteurs de revenir au PK13 après le déchargement de leurs marchandises, ainsi que le paiement de 15 dollars américains présenté comme des frais liés au recyclage des chauffeurs en provenance d’autres provinces. Des mesures que certains considèrent comme susceptibles de compliquer les activités commerciales et d’alourdir les charges des opérateurs économiques.
Pour Maître Isaac Katsuva Mutanga, président du parti politique Nouveau Congo, ces pratiques méritent une attention particulière des autorités compétentes. Il estime que les exigences imposées aux transporteurs doivent être examinées afin d’éviter qu’elles ne constituent un frein à la circulation des marchandises et au développement des échanges commerciaux à Kisangani. L’acteur politique appelle ainsi à davantage de clarté sur les différents frais réclamés aux usagers du PK13 et à une harmonisation des pratiques avec les objectifs de facilitation du commerce.
« Nous constatons aujourd’hui que le fonctionnement du PK13 soulève beaucoup de préoccupations chez les opérateurs économiques et particulièrement chez ceux qui utilisent les gros camions pour acheminer les marchandises à Kisangani. Il y a notamment la question des frais de stationnement, mais aussi cette obligation pour certains camions de revenir au PK13 après avoir déchargé leurs marchandises. À cela s’ajoute le paiement de 15 dollars américains demandé aux chauffeurs qui viennent d’autres provinces pour leur recyclage. Toutes ces charges et ces contraintes risquent de décourager les transporteurs et d’avoir des conséquences sur le commerce, parce que les coûts supplémentaires finissent toujours par se répercuter sur les marchandises et, en définitive, sur la population. Nous pensons donc que les autorités doivent regarder cette situation avec beaucoup d’attention et rechercher des mécanismes qui permettent de contrôler les véhicules tout en facilitant réellement le commerce », a dénoncé Maître Isaac Katsuva Mutanga.
Le président du Nouveau Congo insiste par ailleurs sur la nécessité d’un dialogue entre les services concernés, les transporteurs et les autres acteurs économiques afin de trouver des solutions aux difficultés soulevées autour du PK13. Selon lui, l’objectif ne devrait pas seulement être de contrôler les mouvements des véhicules et des marchandises, mais également de garantir un fonctionnement qui ne pénalise pas les échanges commerciaux dans la ville de Kisangani et dans l’ensemble de la province de la Tshopo.
« Nous ne sommes pas contre le contrôle ni contre les mécanismes qui permettent aux autorités de suivre les mouvements des véhicules et des marchandises. Mais il faut que ces mécanismes soient organisés de manière à ne pas devenir contre-productifs pour le commerce. Lorsqu’un camion doit payer plusieurs frais, rester stationné, revenir au même endroit après le déchargement ou encore lorsqu’un chauffeur venu d’une autre province doit payer 15 dollars pour un recyclage, il faut que les autorités puissent expliquer clairement le fondement de ces exigences, leur destination et surtout leur utilité. Nous demandons donc que les services compétents puissent s’asseoir avec les transporteurs et les opérateurs économiques pour examiner ces questions et apporter des réponses concrètes. Kisangani a besoin de faciliter les échanges et non de créer davantage de contraintes autour de l’acheminement des marchandises », a ajouté Maître Isaac Katsuva Mutanga.
Ces préoccupations relancent ainsi le débat sur les conditions d’accès et de fonctionnement du PK13, ainsi que sur les différents frais supportés par les transporteurs qui desservent Kisangani. Les usagers attendent désormais des explications des services concernés et, surtout, des mesures susceptibles de concilier les impératifs de contrôle avec la nécessité de préserver la fluidité du commerce dans la Tshopo.
Élie Lenge, depuis Kisangani.