À Kisangani, dans la province de la Tshopo, la mobilisation se poursuit en faveur de la marche populaire annoncée pour ce samedi 24 octobre à l’initiative du gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga. Après des consultations avec les députés provinciaux, les membres du gouvernement provincial et les responsables des partis politiques, le chef de l’exécutif provincial a échangé ce jeudi avec les étudiants de l’Université de Kisangani. Cette mobilisation suscite toutefois des inquiétudes en raison de l’épidémie d’Ebola qui sévit dans la province.
Devant les étudiants réunis dans l’amphithéâtre de l’Université de Kisangani, Paulin Lendongolia a défendu les motivations de cette marche, présentée comme une mobilisation patriotique face aux tensions sécuritaires et politiques en République démocratique du Congo. Les autorités provinciales espèrent y associer les étudiants, les acteurs de la société civile, les responsables politiques et d’autres forces vives de la province.

Cette initiative suscite cependant des réserves. Dans une publication sur Facebook, le député provincial Fontaine Mangala a alerté sur les risques sanitaires liés à un rassemblement populaire en pleine épidémie d’Ebola. Il a appelé les organisateurs à reporter la marche et invité la population à respecter strictement les mesures barrières, évoquant les pertes humaines déjà enregistrées et les difficultés rencontrées dans la riposte.

De son côté, le porte-parole du gouverneur, maître Michel Biambe, estime que la marche peut être organisée tout en maintenant les précautions sanitaires.
« Ebola ne signifie pas que les gens ne doivent pas manger, ne doivent plus prier ou que les élèves ne doivent plus étudier. Je crois que cette marche n’entrera pas en contradiction avec les soucis de l’autorité de protéger sa population contre la maladie à virus Ebola », a-t-il déclaré, tout en insistant sur le respect des mesures barrières.
À deux jours de cette manifestation, les autorités provinciales doivent concilier leur volonté de mobiliser la population autour des enjeux nationaux et l’impératif de limiter les risques de propagation d’Ebola. Les modalités concrètes de mise en œuvre des mesures sanitaires restent un enjeu majeur pour le déroulement de cette marche.
Élie Lenge, à Kisangani