Sud-Kivu : plus de 2 000 cas de rougeole et de choléra enregistrés à Shabunda, la société civile appelle à une riposte urgente

Sud-Kivu : plus de 2 000 cas de rougeole et de choléra enregistrés à Shabunda, la société civile appelle à une riposte urgente

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Ghislain Lukambo

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Les quatre zones de santé du territoire sont touchées par les deux épidémies. La Nouvelle Société civile congolaise tire la sonnette d’alarme et plaide pour un renforcement immédiat de la réponse sanitaire. La situation sanitaire devient de plus en plus préoccupante dans le territoire de Shabunda, en province du Sud-Kivu. Plus de 2 000 cas cumulés de rougeole et de choléra ont été enregistrés depuis le début de l'année 2026, avec plus d'une centaine de décès signalés dans les quatre zones de santé que compte le territoire.

Ces statistiques ont été rendues publiques mardi par la coordination territoriale de la Nouvelle Société civile congolaise (NSCC) et confirmées par des sources médicales locales. Face à cette évolution jugée alarmante, les acteurs de la société civile appellent les autorités sanitaires nationales et les partenaires humanitaires à intervenir sans délai afin d'éviter une aggravation de la crise.

Selon Pius Walemba, les structures sanitaires locales sont confrontées à d'importantes difficultés, notamment l'insuffisance de médicaments, le manque de moyens logistiques et l'accès difficile à plusieurs localités du territoire. Cette situation complique la prise en charge des malades ainsi que les activités de prévention.

« Les chiffres dont nous disposons aujourd'hui sont très préoccupants. Depuis le début de l'année, plus de deux mille cas de rougeole et de choléra ont été recensés dans les quatre zones de santé de Shabunda, avec plus d'une centaine de décès. Derrière ces statistiques, ce sont des familles endeuillées et des communautés entières qui vivent dans l'angoisse. Nous lançons un appel pressant au Gouvernement, aux autorités sanitaires et aux partenaires techniques et financiers afin qu'ils renforcent rapidement la riposte. Il est indispensable d'approvisionner les structures de santé en médicaments, en intrants médicaux, en eau potable et en équipements de prise en charge. Sans une intervention rapide, nous risquons d'assister à une aggravation de ces deux épidémies. », a déclaré Pius Walemba au micro de notre correspondant.

La Nouvelle Société civile souligne également que plusieurs villages demeurent difficilement accessibles, ce qui ralentit les opérations de surveillance épidémiologique, les campagnes de vaccination contre la rougeole et les actions de sensibilisation sur les mesures de prévention du choléra. Les acteurs communautaires exhortent la population à respecter les règles d'hygiène, notamment le lavage régulier des mains, la consommation d'eau potable et le recours rapide aux structures sanitaires dès l'apparition des premiers symptômes.

« La lutte contre ces maladies nécessite une mobilisation de tous. Nous demandons à la population de ne pas céder à la panique, mais de collaborer avec les équipes médicales. Les parents doivent faire vacciner leurs enfants contre la rougeole lorsqu'une campagne est organisée, tandis que chacun est appelé à respecter les mesures d'hygiène pour limiter la propagation du choléra. Nous sollicitons également un appui humanitaire conséquent pour renforcer les capacités de nos centres de santé, qui travaillent dans des conditions extrêmement difficiles. La protection de la vie humaine doit rester une priorité absolue. », a ajouté le coordonnateur de la Nouvelle Société civile.

Les autorités sanitaires poursuivent le suivi de la situation dans les différentes zones de santé concernées. Les acteurs locaux espèrent qu'une réponse coordonnée entre le Gouvernement et les partenaires permettra de contenir rapidement la propagation de la rougeole et du choléra et de réduire le nombre de décès dans le territoire de Shabunda.

Eugide Abalawi

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