Sud-Kivu : MSF appelle à préserver les soins essentiels pendant la riposte contre Ebola

Sud-Kivu : MSF appelle à préserver les soins essentiels pendant la riposte contre Ebola

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Ghislain Lukambo

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Alors que la République démocratique du Congo fait face à une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola déclarée dans la province du Sud-Kivu, Médecins Sans Frontières (MSF) appelle les acteurs impliqués dans la riposte à maintenir les services de santé essentiels pour éviter une aggravation de la situation sanitaire. Dans un communiqué rendu public mercredi, l'organisation humanitaire alerte sur les conséquences d'une éventuelle interruption des soins de base dans une province déjà fragilisée par l'insécurité, les déplacements des populations et une crise humanitaire persistante.

Pour MSF, la réponse à Ebola ne doit pas se limiter à la surveillance des cas suspects, à la prise en charge des patients infectés et aux mesures de prévention. L'organisation insiste sur l'importance de garantir la continuité des services médicaux destinés à l'ensemble de la population, notamment les consultations générales, les soins maternels et néonatals, la vaccination des enfants ainsi que la prise en charge des autres maladies qui continuent d'affecter les communautés.

Selon l'organisation, les épidémies précédentes ont démontré que les perturbations prolongées du système de santé peuvent entraîner des conséquences importantes, notamment une augmentation des décès liés à des maladies autres qu'Ebola. MSF estime donc que les efforts de lutte contre le virus doivent être accompagnés d'un maintien des activités sanitaires habituelles afin de répondre aux besoins de toutes les catégories de patients.

« Dans un contexte d'épidémie d'Ebola, il est essentiel de protéger les populations contre le virus, mais il est tout aussi important de garantir la continuité des autres services de santé. Les femmes enceintes doivent continuer à avoir accès aux soins, les enfants doivent pouvoir être vaccinés et les personnes souffrant d'autres pathologies doivent recevoir une prise en charge adaptée. Une réponse efficace contre Ebola ne peut pas se faire au détriment des autres besoins médicaux de la population », a déclaré Issa Moussa, chef de programme de Médecins Sans Frontières au Sud-Kivu.

MSF rappelle que le Sud-Kivu reste confronté à plusieurs défis, notamment l'insécurité dans certaines zones, les mouvements de populations et les difficultés d'accès aux structures sanitaires. Pour l'organisation, ces facteurs peuvent compliquer davantage la riposte si des mesures ne sont pas prises pour maintenir un système de soins fonctionnel et accessible. L'organisation humanitaire appelle ainsi les autorités sanitaires, les partenaires de la riposte et les communautés à travailler ensemble afin d'assurer une réponse équilibrée, combinant le contrôle de l'épidémie et la protection de la santé globale des populations.

« La lutte contre Ebola doit intégrer une approche globale de santé publique. Il faut éviter que les personnes cessent de fréquenter les centres de santé par peur ou en raison de la réorganisation des services autour de l'épidémie. Notre priorité est de faire en sorte que chaque patient puisse continuer à recevoir les soins dont il a besoin, tout en mettant en place les mesures nécessaires pour stopper la propagation du virus », a ajouté Issa Moussa.

Médecins Sans Frontières réaffirme son engagement aux côtés des autorités sanitaires congolaises et des communautés affectées. L'organisation estime que la maîtrise de l'épidémie dépendra à la fois de l'efficacité des mesures de contrôle d'Ebola et de la capacité du système de santé à continuer à répondre aux besoins essentiels de la population du Sud-Kivu.

Egide Abalawi depuis le Sud-Kivu

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