L'insécurité persistante dans plusieurs territoires du Sud-Kivu inquiète vivement les agriculteurs à l'approche de la saison culturale A. Il s'agit notamment des territoires de Kabare, Walungu et Mwenga, où plusieurs zones rurales continuent d'enregistrer des actes de violence à l'encontre des populations civiles. Des alertes font en effet état d'arrestations, de tortures, d'enlèvements, d'assassinats et de pillages de bétail dans plusieurs de ces zones rurales, plongeant les communautés locales dans une psychose grandissante, à un moment pourtant crucial où les paysans devraient se consacrer sereinement à la préparation des travaux champêtres.
Face à cette situation, les habitants de ces territoires appellent au renforcement de leur sécurité et à la protection de leurs activités agricoles, dans un contexte où l'insécurité risque de compromettre sérieusement le bon déroulement de la campagne agricole à venir.
Une victime, qui a requis l'anonymat pour des raisons de sécurité, est revenue, dans des propos recueillis par Eugide Abalawi, sur les violences vécues au quotidien par les populations de ces territoires.
« Nous vivons dans une peur constante. Dans nos zones, il y a des arrestations arbitraires, des cas de torture, des enlèvements et même des assassinats qui sont régulièrement signalés. À cela s'ajoutent des pillages de bétail qui privent nos familles de leurs seuls moyens de subsistance. Avec la saison culturale A qui approche, beaucoup d'entre nous hésitent à se rendre dans nos champs, de peur d'être victimes de ces exactions », a témoigné cette victime.
Elle a par ailleurs lancé un appel pressant aux autorités compétentes pour un renforcement effectif de la sécurité dans ces zones rurales, condition jugée indispensable pour permettre aux agriculteurs de reprendre sereinement leurs activités.
« Nous demandons au renforcement de notre sécurité, afin que nous puissions protéger nos activités agricoles et vaquer normalement à nos occupations. Sans sécurité, comment voulez-vous que nous allions travailler dans nos champs alors que nous risquons à tout moment d'être arrêtés, torturés, enlevés ou même tués ? », a-t-elle ajouté.
Cette situation fait craindre, selon plusieurs observateurs, une baisse significative de la production agricole dans ces territoires du Sud-Kivu pour la saison culturale A à venir, si des mesures sécuritaires concrètes ne sont pas rapidement prises par les autorités compétentes.
À ce jour, aucune réaction officielle n'a été enregistrée de la part des autorités provinciales du Sud-Kivu concernant ces alertes lancées par les populations des territoires de Kabare, Walungu et Mwenga.
Eugide Abalawi, depuis Bukavu