La lutte contre la drépanocytose passe également par une meilleure compréhension de la maladie et la rupture avec certaines croyances sociales qui continuent d'entourer cette pathologie. À travers ses travaux de recherche, le Dr Mwanza met en avant l'importance de l'information, du dépistage précoce et du renforcement des capacités des professionnels de santé pour améliorer la prise en charge des personnes atteintes de cette maladie génétique.
Selon ce chercheur, la drépanocytose reste encore largement méconnue dans plusieurs communautés, où elle est parfois associée à des explications mystiques telles que la sorcellerie ou un mauvais sort. Une perception qui contribue, d'après lui, à retarder le diagnostic et à exposer davantage les patients aux complications.
Les résultats de ses recherches soulignent ainsi la nécessité d'intensifier les campagnes d'éducation sanitaire afin de permettre aux familles de mieux comprendre les causes réelles de la maladie et les moyens disponibles pour la prévenir et la gérer.
Pour le Dr Mwanza, la drépanocytose est avant tout une maladie médicale qui nécessite une réponse basée sur la science, la prévention et un accompagnement adapté des patients.
« La drépanocytose n'est ni une malédiction ni une conséquence de la sorcellerie. C'est une maladie génétique qui peut être dépistée et prise en charge. Le manque d'information favorise malheureusement certaines croyances qui éloignent les malades des structures sanitaires. », explique le docteur Mwanza.
Le chercheur recommande également le renforcement du dépistage, notamment chez les enfants et les jeunes couples, afin d'identifier rapidement les personnes concernées et d'améliorer leur suivi médical. Il plaide aussi pour une meilleure formation des prestataires de santé, estimant que la qualité de la prise en charge dépend largement des connaissances et des compétences du personnel médical.
« Il est indispensable de renforcer la formation des agents de santé, d'améliorer les moyens de diagnostic et d'assurer un accompagnement régulier des patients. Une prise en charge précoce permet de réduire les complications et d'améliorer considérablement la qualité de vie des personnes vivant avec la drépanocytose. », a ajouté le chercheur.
La drépanocytose demeure l'une des maladies génétiques les plus fréquentes en Afrique subsaharienne. Elle se manifeste notamment par des crises douloureuses, une anémie chronique et diverses complications pouvant affecter plusieurs organes.
Les spécialistes rappellent que, même si la maladie ne dispose pas encore d'un traitement définitif accessible à tous, des mesures existent pour réduire ses effets, notamment le dépistage, la prévention des crises, le suivi médical régulier et l'éducation des patients et de leurs familles.
À travers ses recherches, le Dr Mwanza appelle ainsi à une mobilisation collective impliquant les autorités sanitaires, les professionnels de santé, les communautés et les médias afin de faire reculer les préjugés et d'améliorer la vie des personnes touchées par cette maladie.
Pour les acteurs engagés dans cette lutte, la sensibilisation demeure une étape essentielle : mieux connaître la drépanocytose, c'est déjà contribuer à sauver des vies.
Reportage Egide Abalawi depuis Bukavu