Les peuples autochtones Batwa de Kalehe, Kabare et Kalonge, dans la province du Sud-Kivu, demandent à l’État congolais de prendre des mesures concrètes pour rétablir leurs droits à la suite de leur expulsion du Parc national de Kahuzi-Biega. Ils réclament notamment la mise en œuvre effective de la décision de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples concernant les violations qu’ils affirment avoir subies.
Cet appel a été formulé à l’issue d’une activité de trois jours organisée avec la facilitation de People Forestry Program. Les participants ont échangé sur les différentes voies permettant de concrétiser la décision de la Commission africaine et de répondre aux revendications des communautés autochtones concernées.
Les discussions ont notamment porté sur les droits des peuples autochtones, les mécanismes de réparation ainsi que les démarches à entreprendre pour assurer l’application effective de la décision. Pour les participants, la reconnaissance des droits des Batwa doit désormais être accompagnée d’actions concrètes de la part des autorités congolaises.
Les représentants des communautés concernées estiment que leur déplacement du parc a profondément affecté leurs conditions de vie et leur rapport aux terres qu’ils considèrent comme leurs espaces ancestraux. Ils souhaitent ainsi que les engagements en faveur de leurs droits puissent se traduire par des mesures concrètes et durables.
Venu du territoire de Kabare, Manassé Cyrille, l’un des membres de la communauté Batwa, revient au micro d’Eugide sur leurs principales revendications :
« Nous demandons à l’État congolais de prendre au sérieux la situation des peuples autochtones Batwa et surtout de mettre en application la décision rendue par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. Cette décision est importante pour nous parce qu’elle concerne les violations dont notre communauté estime avoir été victime à la suite de notre expulsion du Parc national de Kahuzi-Biega. Nous voulons que nos droits soient rétablis et que les autorités puissent prendre les dispositions nécessaires pour que cette décision ne reste pas seulement un document. Nous avons besoin de voir des actions concrètes sur le terrain. Pendant ces trois jours d’échanges, nous avons réfléchi ensemble aux différentes voies qui peuvent permettre la mise en œuvre de cette décision, et nous pensons que le dialogue et l’implication des autorités sont indispensables. Nous demandons également que les préoccupations des Batwa de Kalehe, de Kabare et de Kalonge soient réellement prises en compte, parce que nous voulons vivre dans la dignité et bénéficier de nos droits comme tous les autres citoyens. Notre appel est donc lancé à l’État congolais pour qu’il puisse respecter ses engagements, reconnaître nos droits et trouver des solutions durables aux problèmes auxquels notre communauté est confrontée depuis notre expulsion du parc », plaide Manassé Cyrille.
À travers cet appel, les peuples autochtones Batwa souhaitent que les conclusions issues des échanges soient transformées en actions concrètes et que les autorités compétentes s’impliquent davantage dans le processus de mise en œuvre de la décision de la Commission africaine.
L’activité de trois jours aura ainsi permis aux participants de renforcer leur compréhension des mécanismes disponibles et de dégager des pistes de plaidoyer en faveur du respect des droits des peuples autochtones dans le Sud-Kivu.
Eugide Abalawi