La restauration des habitats dégradés et le renforcement de la surveillance sont présentés comme des moyens essentiels pour mieux protéger les gorilles de Grauer et la biodiversité en République Démocratique du Congo. Ce message est ressorti d'un forum média organisé par le Parc national de Kahuzi-Biega, à l'occasion de la Journée mondiale des gorilles, célébrée le 24 septembre de chaque année à travers le monde.
Le chef de site du Parc national de Kahuzi-Biega, Arthur Kalungi, appelle toutes les parties prenantes à renforcer leur engagement en faveur de la conservation de cette espèce emblématique, endémique à l'Est de la RDC, malgré les nombreuses difficultés liées notamment au financement des activités de protection.
« La Journée mondiale des gorilles est pour nous l'occasion de rappeler l'urgence qu'il y a à protéger le gorille de Grauer, une espèce endémique à notre région et aujourd'hui gravement menacée. La restauration des habitats dégradés et le renforcement de la surveillance dans et autour du parc constituent des leviers essentiels pour inverser la tendance actuelle et préserver cette richesse unique de notre biodiversité », a déclaré Arthur Kalungi au micro d'Eugide Abalawi.
Le chef de site a par ailleurs évoqué les nombreux défis auxquels fait face le Parc national de Kahuzi-Biega dans la mise en œuvre de ses activités de conservation, notamment en matière de financement.
« Nos activités de conservation se heurtent malheureusement à d'importantes difficultés, principalement liées au financement. La restauration des habitats, la surveillance du parc et la protection des gorilles exigent des moyens conséquents que nous peinons parfois à mobiliser. C'est pourquoi nous lançons un appel à toutes les parties prenantes, tant nationales qu'internationales, pour qu'elles renforcent leur engagement à nos côtés dans cette mission essentielle », a-t-il poursuivi.
Arthur Kalungi a enfin insisté sur l'importance d'une mobilisation collective, associant les communautés locales, les autorités et les partenaires techniques et financiers, pour garantir la survie à long terme des gorilles de Grauer dans cette partie de la RDC.
« La protection des gorilles de Grauer ne peut être l'affaire du seul Parc national de Kahuzi-Biega. Elle nécessite l'implication de tous : communautés riveraines, autorités locales et provinciales, partenaires techniques et financiers. C'est ensemble que nous pourrons préserver cette espèce pour les générations futures », a-t-il conclu.
Cette célébration de la Journée mondiale des gorilles intervient dans un contexte où le Parc national de Kahuzi-Biega, comme plusieurs autres aires protégées de l'Est de la RDC, continue de faire face à des défis multiples, entre insécurité, pression démographique et enjeux de financement de la conservation.
Eugide Abalawi, depuis Bukavu