La zone de santé de Shabunda, dans la province du Sud-Kivu, est confrontée à une recrudescence inquiétante de l'épidémie de choléra. En l'espace de seulement vingt jours, 385 cas ont été enregistrés, dont 34 décès. Face à cette flambée, les autorités sanitaires intensifient les actions de riposte et appellent les leaders communautaires ainsi que la notabilité locale à s'impliquer davantage dans la sensibilisation de la population au respect des mesures d'hygiène.
L'évolution de l'épidémie suscite une vive préoccupation au sein des services de santé. Selon les données communiquées par la zone de santé de Shabunda, plusieurs aires de santé continuent d'enregistrer de nouveaux cas, témoignant d'une circulation active de la maladie dans cette partie du Sud-Kivu.
Joint par notre correspondant Eugide Abalawi, le médecin-chef de la zone de santé de Shabunda, le Dr Guillaume Shabani, a indiqué que les équipes sanitaires poursuivent les efforts de prise en charge des malades, tout en multipliant les activités de prévention afin de limiter la propagation de l'épidémie.
« En seulement vingt jours, nous avons enregistré 385 cas de choléra, avec malheureusement 34 décès. Cette situation reste extrêmement préoccupante et exige une mobilisation générale. Nos équipes sont à pied d'œuvre pour assurer la prise en charge des patients, mais la lutte contre le choléra ne peut pas reposer uniquement sur les structures sanitaires. Nous avons besoin de l'implication des autorités locales, des chefs coutumiers, des responsables religieux, des relais communautaires et de toute la population afin de renforcer les actions de sensibilisation et de promouvoir le respect des mesures d'hygiène dans chaque ménage », a déclaré le docteur Guillaume Shabani.
Les autorités sanitaires rappellent que le choléra est une maladie diarrhéique aiguë qui se transmet principalement par la consommation d'eau ou d'aliments contaminés. Elles insistent sur le lavage régulier des mains au savon, la consommation d'eau potable ou préalablement traitée, la bonne cuisson des aliments ainsi que l'utilisation correcte des latrines pour réduire les risques de contamination. Selon le médecin-chef de zone, plusieurs facteurs favorisent encore la propagation de la maladie, notamment les difficultés d'accès à l'eau potable, le déficit en infrastructures d'assainissement et certaines pratiques d'hygiène insuffisantes observées dans les communautés.
« Nous invitons chaque habitant à adopter des gestes simples mais essentiels pour protéger sa famille. Il est important de se laver régulièrement les mains avec de l'eau propre et du savon, de boire uniquement de l'eau traitée ou bouillie et de consulter immédiatement une structure sanitaire dès l'apparition des premiers symptômes, notamment les diarrhées abondantes et les vomissements. Une prise en charge précoce permet de sauver des vies. Ensemble, nous pouvons freiner cette épidémie si chacun assume sa part de responsabilité », a insisté le docteur Guillaume Shabani.
Les autorités sanitaires poursuivent parallèlement les activités de surveillance épidémiologique, de sensibilisation communautaire et de prise en charge médicale des malades. Elles espèrent qu'une forte implication des communautés permettra de casser rapidement la chaîne de transmission et de réduire le nombre de nouvelles contaminations dans la zone de santé de Shabunda.
Face à cette flambée, les services de santé lancent également un appel aux partenaires humanitaires afin de renforcer l'appui en médicaments, intrants médicaux, produits de traitement de l'eau et matériels d'assainissement, indispensables pour contenir durablement l'épidémie.
Reportage d’Egide Abalawi, de retour de Shabunda