À quelques semaines de la rentrée scolaire 2026-2027, la polémique enfle au Sud-Kivu autour des frais de réinscription exigés par plusieurs écoles conventionnées et privées. Des parents d’élèves dénoncent une pratique qu’ils jugent injustifiée, consistant à demander aux familles de payer à l’avance certains frais scolaires pour garantir la place de leurs enfants, alors que ces derniers sont déjà inscrits dans les mêmes établissements. L’ANAPECO appelle les autorités éducatives à intervenir. Dans plusieurs écoles du Sud-Kivu, des parents d’élèves expriment leur inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme une nouvelle pression financière à l’approche de la rentrée scolaire.
Selon leurs témoignages, certaines écoles conventionnées et privées exigeraient des frais de réinscription ou le paiement anticipé des frais du premier trimestre avant même la reprise officielle des cours. Une situation qui concerne particulièrement les élèves qui doivent poursuivre leur parcours dans le même établissement.
Pour plusieurs parents, cette période des vacances devrait plutôt être consacrée à la préparation progressive de la rentrée, notamment à la recherche des moyens nécessaires pour acheter les fournitures scolaires, les uniformes et répondre aux autres besoins liés à la scolarité des enfants.
Ils estiment que cette nouvelle charge financière intervient dans un contexte déjà difficile pour de nombreux ménages, fragilisés par les conséquences économiques de la crise sécuritaire qui touche plusieurs territoires de l’est de la République démocratique du Congo.
Réagissant à cette situation, le président provincial de l’Association nationale des parents d’élèves et étudiants du Congo (ANAPECO), Augustin Batandi, dénonce une pratique qu’il qualifie d’inacceptable.
« Nous trouvons anormal que des établissements exigent aux parents de payer des frais de réinscription pour des enfants qui étaient déjà régulièrement inscrits dans ces mêmes écoles. Les familles traversent une période difficile et les vacances doivent être un moment où les parents se préparent progressivement pour la prochaine année scolaire. Imposer des paiements anticipés constitue une pression supplémentaire qui risque d’exclure certains enfants du système éducatif », déclare Augustin Batandi.
Pour l’ANAPECO, les responsables d’écoles doivent tenir compte de la réalité économique des familles et privilégier le dialogue avec les parents plutôt que d’imposer des mécanismes qui alourdissent leurs dépenses. L’organisation appelle ainsi les autorités provinciales de l’éducation à effectuer un contrôle dans les établissements concernés et à rappeler les règles applicables en matière de perception des frais scolaires.
« L’éducation est un droit fondamental et elle ne doit pas devenir une source de difficultés supplémentaires pour les parents. Nous demandons aux autorités éducatives de se pencher sérieusement sur cette question afin d’éviter les abus. Les écoles doivent fonctionner dans le respect des textes et dans un esprit de collaboration avec les familles », poursuit le président provincial de l’ANAPECO.
Alors que la rentrée scolaire 2026-2027 approche, les parents d’élèves du Sud-Kivu espèrent une intervention des autorités afin que les préparatifs scolaires se déroulent dans un climat apaisé.
Ils plaident pour une meilleure réglementation des pratiques financières dans les établissements scolaires afin de garantir l’accès à l’éducation pour tous les enfants, indépendamment des capacités économiques de leurs familles.
Egide Abalawi depuis Bukavu