Dans une déclaration rendue publique lundi 22 juin, cette plateforme citoyenne s'oppose à toute modification de l'actuelle Loi fondamentale et réaffirme son soutien aux initiatives de dialogue prônées par la Cenco et l'ECC pour préserver la cohésion nationale.
Le débat sur une éventuelle révision de la Constitution de la République démocratique du Congo continue de susciter des réactions au sein de la société civile. Au Sud-Kivu, le Collectif des organisations de la société civile pour la paix est monté au créneau pour exprimer son opposition à toute tentative de modification de l'actuelle Constitution et inviter les représentants de la province au Parlement à assumer leurs responsabilités face à cette question jugée déterminante pour l'avenir du pays.
Dans une déclaration publique rendue publique lundi, cette structure citoyenne estime que le contexte politique et sécuritaire actuel exige davantage de prudence et de responsabilité de la part des acteurs politiques. Selon elle, les priorités nationales devraient porter sur le rétablissement de la paix, le renforcement de la cohésion sociale et la recherche de solutions consensuelles aux multiples crises qui secouent le pays, plutôt que sur l'ouverture d'un débat portant sur la révision de la Loi fondamentale.
Le collectif appelle ainsi les députés nationaux élus du Sud-Kivu à se prononcer de manière claire et publique sur la question afin que leurs électeurs connaissent leur position. Pour cette plateforme, les représentants du peuple ont l'obligation de défendre les aspirations de leurs bases et de contribuer à la préservation de la stabilité institutionnelle.
« Nous demandons aux députés nationaux élus du Sud-Kivu de prendre leurs responsabilités et de dire clairement à la population leur position sur toute initiative de révision constitutionnelle. Le pays a aujourd'hui besoin de paix, de cohésion sociale et de solutions consensuelles aux crises qui le traversent », a déclaré Emmanuel Bengheya, l'un des modérateurs du collectif.
Dans sa déclaration, le Collectif des organisations de la société civile du Sud-Kivu pour la paix réitère également son soutien à la position défendue par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (Cenco) et l'Église du Christ au Congo (ECC), qui privilégient le dialogue national comme voie de sortie aux tensions politiques et sécuritaires. Selon cette structure citoyenne, seule une approche inclusive et concertée est susceptible de renforcer l'unité nationale et de préserver les acquis démocratiques du pays.
« Nous soutenons l'initiative de dialogue et de cohésion nationale portée par la Cenco et l'ECC, car elle offre un cadre de concertation capable de rapprocher les différentes composantes de la nation et de consolider la paix. Toute démarche susceptible de diviser davantage les Congolais doit être évitée », a ajouté Emmanuel Bengheya dans des propos recueillis par notre rédaction.
Cette prise de position intervient alors que le débat autour d'une éventuelle révision de la Constitution continue d'alimenter les discussions sur la scène politique congolaise. Pour plusieurs organisations de la société civile, la priorité demeure la restauration de la sécurité, particulièrement dans l'Est du pays, ainsi que la consolidation du vivre-ensemble et des institutions démocratiques.
À travers cette déclaration, le Collectif des organisations de la société civile du Sud-Kivu pour la paix entend donc maintenir la pression sur les élus de la province et plaider en faveur d'une démarche politique fondée sur le dialogue, la concertation et la préservation de la stabilité nationale.
Par Eugide Abalawi, depuis le Sud-Kivu.