Sud-Kivu : la société civile de Fizi dénonce l’arrestation d’un défenseur des droits humains et alerte sur les intimidations

Sud-Kivu : la société civile de Fizi dénonce l’arrestation d’un défenseur des droits humains et alerte sur les intimidations

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Ghislain Lukambo

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La société civile forces vives du territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu, monte au créneau après l’arrestation d’un acteur local de défense des droits humains, une interpellation qu’elle qualifie d’arbitraire. À travers cette prise de position, les représentants de la société civile dénoncent également ce qu’ils présentent comme une multiplication des actes d’intimidation, d’arrestations et de mauvais traitements visant des journalistes, des défenseurs des droits humains ainsi que d’autres acteurs engagés dans la vie communautaire. La situation suscite des inquiétudes parmi les organisations locales, qui craignent que ces pratiques ne contribuent à réduire l’espace civique et à empêcher les acteurs de la société civile d’exercer librement leurs activités.

Pour la société civile forces vives de Fizi, les personnes qui travaillent dans le domaine des droits humains, du journalisme ou de la défense des intérêts communautaires doivent pouvoir exercer leurs missions sans subir de menaces ou de représailles en raison de leurs activités professionnelles. Elle appelle ainsi les autorités compétentes à garantir le respect des droits fondamentaux, à faire la lumière sur les circonstances de l’arrestation dénoncée et à obtenir la libération des personnes détenues dans le cadre de leurs activités professionnelles, lorsque leur détention n’est pas fondée sur une procédure régulière.

Joint par Eugide Abalawi, correspondant de la RTEE KIVU dans la région, maître Jacques Alimasi, président de la société civile forces vives de Fizi, estime que la situation exige une réaction rapide des autorités afin de mettre fin à ce qu’il considère comme une pression croissante exercée sur les acteurs civiques.

« Nous sommes profondément préoccupés par l’arrestation de cet acteur de défense des droits humains que nous considérons comme arbitraire. Ce qui nous inquiète davantage, c’est que cet incident intervient dans un contexte où nous constatons de plus en plus d’actes d’intimidation, d’arrestations et même de mauvais traitements à l’encontre des journalistes, des défenseurs des droits humains et de plusieurs autres acteurs de la société civile. Ces personnes ne doivent pas être considérées comme des ennemis simplement parce qu’elles exercent leurs activités professionnelles ou qu’elles dénoncent certaines situations qui préoccupent la communauté. Nous demandons aux autorités de respecter les droits fondamentaux de chaque citoyen, de clarifier les circonstances de ces arrestations et surtout de faire en sorte que les personnes détenues en raison de leurs activités professionnelles puissent retrouver leur liberté. La société civile ne demande pas l’impunité pour qui que ce soit, mais nous insistons sur le respect de la loi, des procédures et des droits de la défense. »

Le président de la société civile forces vives de Fizi appelle par ailleurs les autorités locales et nationales à prendre des mesures pour garantir un environnement plus favorable à l’exercice du journalisme, à la défense des droits humains et à la participation citoyenne. Pour lui, les critiques et les alertes formulées par les acteurs de la société civile doivent être considérées comme des contributions au fonctionnement de la communauté et non automatiquement comme des actes susceptibles de justifier des représailles.

« Nous appelons les autorités à comprendre que les journalistes, les défenseurs des droits humains et les organisations de la société civile jouent un rôle important dans la communauté. Lorsqu’un journaliste rapporte une situation ou lorsqu’un défenseur des droits humains dénonce une violation, son objectif ne devrait pas être de devenir une cible. Nous avons besoin d’un espace où les citoyens peuvent parler, dénoncer les abus et proposer des solutions sans craindre d’être arrêtés ou maltraités. Nous demandons donc aux autorités de garantir la sécurité de ces acteurs et de mettre fin aux intimidations. Nous souhaitons également que les personnes qui sont actuellement détenues dans le cadre de leurs activités professionnelles puissent être examinées par les autorités judiciaires compétentes et, lorsque leur détention n’est pas légalement justifiée, qu’elles soient libérées. La stabilité et la paix dans notre territoire passent aussi par le respect des libertés fondamentales et par un dialogue permanent entre les autorités et la société civile. »

La société civile forces vives de Fizi entend ainsi maintenir la pression pour obtenir des éclaircissements sur les arrestations dénoncées et attirer l’attention des autorités sur la situation des acteurs civiques dans le territoire. Elle appelle également les organisations de défense des droits humains à suivre la situation et à documenter les éventuels cas de violations.

Dans l’attente d’une réaction officielle des autorités compétentes sur les faits dénoncés, la société civile de Fizi réaffirme son appel au respect des droits fondamentaux, des procédures judiciaires et des libertés nécessaires à l’exercice du journalisme et de la défense des droits humains.

Eugide Abalawi, correspondant de la RTEE KIVU dans la région.

 

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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