La dégradation du Parc national de Kahuzi-Biega affecte non seulement l'environnement, mais aussi les activités touristiques et les moyens de subsistance de plusieurs personnes qui en dépendent directement ou indirectement dans la province du Sud-Kivu. Bernadette Atosha Byemba, coordonnatrice de l'organisation Provatour, alerte notamment sur les difficultés qui touchent certaines activités touristiques liées au parc, ainsi que sur la perte de confiance observée chez certains visiteurs, dans un contexte marqué par une dégradation progressive de cette aire protégée.
Dans des propos recueillis par Eugide Abalawi, Bernadette Atosha Byemba est revenue sur l'ampleur des répercussions économiques et sociales de cette situation sur les acteurs du secteur touristique de la région.
« La dégradation que connaît actuellement le Parc national de Kahuzi-Biega ne touche pas seulement l'environnement et la biodiversité, elle a également des conséquences directes sur les activités touristiques et sur les moyens de subsistance de nombreuses familles qui vivent grâce au tourisme dans notre région. Nous constatons de plus en plus de difficultés dans l'organisation de certaines activités touristiques, et surtout, nous observons une perte de confiance chez certains visiteurs, qui hésitent désormais à venir découvrir notre parc en raison de la situation actuelle », a déclaré Bernadette Atosha Byemba.
La coordonnatrice de Provatour a par ailleurs insisté sur les liens étroits qui existent entre la préservation du parc et le maintien des activités économiques qui en dépendent, notamment pour les guides touristiques, les hôteliers et les autres prestataires de services de la région.
« Il faut comprendre que la survie du tourisme dans notre région est intimement liée à la santé de ce parc. Si le parc continue de se dégrader, ce sont des emplois entiers qui disparaissent, des familles qui perdent leurs sources de revenus, et c'est toute une filière économique locale qui s'effondre progressivement », a-t-elle poursuivi.
Face à cette situation, Bernadette Atosha Byemba appelle la population, les autorités et les autres acteurs concernés à unir leurs efforts pour protéger le parc et promouvoir un tourisme durable, capable de bénéficier à la fois à l'environnement et aux communautés locales.
« Nous lançons un appel pressant à la population, aux autorités ainsi qu'à tous les autres acteurs concernés, afin que nous unissions nos efforts pour protéger ce patrimoine exceptionnel qu'est le Parc national de Kahuzi-Biega. C'est à travers cette union des forces que nous pourrons promouvoir un tourisme véritablement durable, bénéfique à la fois pour notre environnement et pour les populations qui en vivent », a-t-elle conclu.
Cette déclaration intervient en marge de la célébration de la Journée mondiale des gorilles, occasion pour plusieurs acteurs de la conservation et du tourisme de la région de tirer la sonnette d'alarme sur l'avenir de ce site classé, à la fois refuge des gorilles de Grauer et poumon économique pour de nombreuses familles du Sud-Kivu.
Eugide Abalawi, depuis Bukavu