Miser sur les relais communautaires pour freiner la propagation de la maladie à virus Ebola. C'est l'objectif poursuivi par l'organisation non gouvernementale Food for the Hungry (FH), qui a organisé à Bukavu une session de formation destinée aux leaders communautaires issus de la zone de santé de Miti-Murhesa. Réunis à l'hôtel Witness, dans la commune d'Ibanda, les participants ont été outillés sur les gestes essentiels de prévention, les mécanismes d'alerte précoce et les bonnes pratiques à promouvoir au sein de leurs communautés afin de renforcer la riposte contre l'épidémie.
Cette initiative intervient dans un contexte où les autorités sanitaires multiplient les actions de sensibilisation pour interrompre la chaîne de transmission du virus. Les organisateurs estiment que l'implication des responsables communautaires constitue un maillon essentiel de la stratégie de prévention, en raison de leur proximité avec les populations et de leur capacité à diffuser des informations fiables.
Au cours de cette formation, les participants ont été sensibilisés aux principaux signes de la maladie, aux mesures d'hygiène à observer, à l'importance de la déclaration rapide des cas suspects ainsi qu'aux comportements à adopter lors de la prise en charge des personnes malades ou des décès liés à Ebola.
Les échanges ont également porté sur les méthodes de communication communautaire, afin de permettre aux bénéficiaires de transmettre des messages adaptés aux réalités locales et de lutter contre les rumeurs susceptibles de compromettre les efforts de riposte.
« Nous avons choisi de former des leaders communautaires parce qu'ils sont en contact permanent avec les populations. Une fois de retour dans leurs villages, ils deviendront des relais capables de sensibiliser les familles, d'expliquer les mesures de prévention et d'encourager les habitants à collaborer avec les équipes sanitaires. Cette approche permet d'étendre les actions de prévention jusque dans les communautés les plus éloignées », a expliqué Patrick Amani Shamavu, coordonnateur de Food for the Hungry (FH).
Selon les responsables de l'organisation, la prévention demeure l'un des moyens les plus efficaces pour contenir l'épidémie. Ils insistent sur la nécessité d'associer les communautés aux efforts déployés par les autorités sanitaires afin de renforcer la confiance envers les équipes de riposte et d'améliorer l'adhésion aux recommandations de santé publique.
Les participants se sont engagés à restituer les connaissances acquises auprès des habitants de leurs localités respectives à travers des causeries éducatives, des rencontres communautaires et des activités de sensibilisation de proximité.
Pour les organisateurs, cette stratégie de démultiplication des messages permettra d'atteindre un plus grand nombre de personnes et de renforcer la vigilance collective face au risque de propagation du virus.
« La lutte contre Ebola ne peut réussir sans la participation active des communautés. Les leaders que nous avons formés aujourd'hui auront la responsabilité de partager les informations reçues, de promouvoir les bonnes pratiques d'hygiène et d'encourager toute personne présentant des symptômes suspects à consulter rapidement une structure de santé. Chaque citoyen a un rôle à jouer dans cette riposte », a ajouté Patrick Amani Shamavu.
Cette session de formation s'inscrit dans les actions d'appui menées par Food for the Hungry en faveur de la riposte contre Ebola au Sud-Kivu. L'organisation entend poursuivre le renforcement des capacités des acteurs communautaires afin de contribuer à une meilleure prévention, à une détection précoce des cas et à une implication accrue des populations dans la lutte contre cette maladie.
Reportage d’Eugide Abalawi depuis le Sud-Kivu