La consommation des boissons fortement alcoolisées continue de faire des ravages dans la province du Sud-Kivu. Selon un monitoring réalisé par la Fondation Michael Sharp (FOMIS), au moins 72 personnes ont perdu la vie entre janvier et juin 2026 à la suite de la consommation de ces produits, souvent fabriqués localement ou vendus dans des conditions sanitaires non contrôlées. Une situation préoccupante qui alerte les acteurs de la société civile sur les risques sanitaires et sociaux liés à ce phénomène.
D’après les données de la FOMIS, la majorité des cas de décès enregistrés seraient liés à des intoxications aiguës après ingestion de boissons alcoolisées fortement concentrées, parfois mélangées à des substances non identifiées. Les victimes seraient issues de différentes couches sociales, avec une forte présence de jeunes adultes parmi les cas recensés. Sur le terrain, les conséquences de cette consommation abusive ne se limitent pas uniquement aux décès. Les structures sanitaires de la province signalent également une augmentation des cas d’intoxication, de troubles neurologiques et de complications médicales graves liées à l’alcool, notamment dans la ville de Bukavu et dans certains territoires environnants.
« Nous avons documenté au moins 72 décès liés directement ou indirectement à la consommation de boissons fortement alcoolisées entre janvier et juin 2026 dans la province du Sud-Kivu. Il s’agit d’un phénomène inquiétant qui touche particulièrement les jeunes et les personnes en situation de vulnérabilité. La plupart de ces boissons sont consommées sans aucun contrôle sanitaire, ce qui augmente considérablement les risques d’intoxication sévère. Nous appelons les autorités à renforcer la régulation de la production et de la commercialisation de ces produits afin de protéger la population », a indiqué un représentant de la Fondation Michael Sharp.
Face à cette situation, les acteurs de la santé publique et de la société civile appellent à une intensification des campagnes de sensibilisation sur les dangers liés à la consommation excessive d’alcool. Ils recommandent également un contrôle plus strict des points de vente et des produits alcoolisés disponibles sur le marché. Par ailleurs, les autorités locales sont invitées à prendre des mesures urgentes pour encadrer la production artisanale de boissons fortement alcoolisées, souvent pointée du doigt comme principale source des intoxications enregistrées.
« La consommation abusive d’alcool constitue aujourd’hui un véritable problème de santé publique dans notre province. Nous constatons malheureusement une banalisation de ces produits, souvent vendus sans contrôle et consommés dans des conditions très dangereuses. Il est urgent que les autorités renforcent les mesures de régulation, mais aussi que les familles jouent un rôle dans la sensibilisation des jeunes. Sans une action concertée, nous risquons de voir ce phénomène continuer à faire des victimes », a averti un acteur de la société civile locale à Bukavu.
Alors que les chiffres restent alarmants, les organisations sanitaires appellent à une mobilisation collective afin de freiner ce phénomène qui continue d’endeuiller plusieurs familles dans la province du Sud-Kivu.
Goreth SIFA depuis Bukavu