SUD-KIVU : à l’occasion de la Journée mondiale de la musique, les artistes appelés à devenir des ambassadeurs de la paix

SUD-KIVU : à l’occasion de la Journée mondiale de la musique, les artistes appelés à devenir des ambassadeurs de la paix

L’Union des musiciens du Congo invite les créateurs à produire des œuvres de cohésion sociale et de résilience, tout en dénonçant les difficultés structurelles du secteur culturel

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Ghislain Lukambo

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À l’occasion de la Journée mondiale de la musique célébrée chaque 21 juin, les artistes du Sud-Kivu sont appelés à mettre leur talent au service de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble. Le message est lancé par l’Union des musiciens du Congo (UMUCO), section du Sud-Kivu, qui estime que la musique peut jouer un rôle déterminant dans la sensibilisation des populations et l’accompagnement des communautés affectées par les violences et les conflits armés qui secouent l’Est de la République démocratique du Congo.

S’exprimant au micro de la RTÉE KIVU, le président intérimaire de l’Union des musiciens du Congo au Sud-Kivu, Namegabe Roland, a rappelé que les artistes ont une responsabilité sociale qui dépasse le simple divertissement. Selon lui, dans un contexte marqué par l’insécurité, les déplacements de populations et les fractures communautaires, la musique peut contribuer à la réconciliation et à la reconstruction du tissu social.

« La musique est un langage universel qui touche toutes les couches de la société et qui a le pouvoir de rapprocher les communautés. Aujourd’hui plus que jamais, les artistes du Sud-Kivu et de toute la RDC doivent mettre leur talent au service de la paix. Nous devons produire des chansons qui encouragent le vivre-ensemble, la tolérance, le pardon et la résilience. Nos communautés traversent des moments difficiles à cause des violences et des conflits armés. Les artistes ont le devoir moral de porter des messages d’espoir, de consoler les victimes et de contribuer à la promotion de l’unité nationale. L’art peut devenir un puissant outil de transformation sociale et de reconstruction de la paix si nous l’utilisons de manière responsable », a déclaré Namegabe Roland.

Toutefois, le responsable de l’UMUCO déplore les nombreux défis auxquels sont confrontés les artistes du Sud-Kivu. Il cite notamment le manque de sponsors, l’insuffisance d’infrastructures de production et de diffusion, ainsi que les divisions qui persistent au sein du milieu artistique, des obstacles qui freinent, selon lui, l’épanouissement de la culture et la professionnalisation des musiciens.

« Nous célébrons cette journée dans un contexte difficile pour les artistes. Beaucoup de talents restent inexploités à cause du manque de financement et de l’absence de véritables infrastructures culturelles. Les artistes peinent à enregistrer leurs œuvres, à organiser des spectacles ou à accéder à des espaces professionnels de production. À cela s’ajoutent les divisions qui persistent au sein de notre milieu et qui affaiblissent notre capacité à défendre les intérêts communs des musiciens. Nous appelons les pouvoirs publics, les partenaires culturels et les opérateurs économiques à investir davantage dans le secteur de la musique. Nous invitons également les artistes à renforcer leur solidarité et leur unité afin de faire de la culture un levier de paix, de développement et de cohésion sociale », a-t-il ajouté.

Célébrée chaque 21 juin à travers le monde, la Journée mondiale de la musique constitue une occasion de promouvoir la diversité culturelle et de rappeler le rôle de l’art dans la société. Au Sud-Kivu, l’Union des musiciens du Congo souhaite voir émerger une génération d’artistes engagés, capables d’utiliser la musique comme un instrument de sensibilisation, de résilience et de consolidation de la paix dans une région encore éprouvée par les conflits.

Eugide ABALAWI depuis Bukavu

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