À moins d'un mois de la rentrée scolaire fixée au 1er septembre, de nombreuses familles du Sud-Kivu vit dans l'angoisse de ne pas pouvoir réunir les moyens nécessaires pour assurer le retour de leurs enfants sur les bancs de l'école. Entre la hausse du coût de la vie, l'insécurité persistante et le ralentissement des activités économiques, plusieurs ménages peinent à couvrir les dépenses liées à la scolarité, faisant craindre une augmentation du nombre d'enfants qui pourraient manquer le début de l'année scolaire.
Dans les marchés de Bukavu comme dans plusieurs autres agglomérations de la province, les parents reconnaissent que les préparatifs de la rentrée avancent difficilement. Les dépenses liées aux frais scolaires, aux uniformes, aux fournitures, aux chaussures et au transport représentent un lourd fardeau pour des familles dont les revenus ont fortement diminué ces derniers mois.
La situation sécuritaire dans plusieurs territoires du Sud-Kivu a également eu des répercussions importantes sur les moyens de subsistance de nombreux ménages. Les déplacements de populations, la baisse des activités agricoles et commerciales ainsi que les difficultés d'accès à certaines zones de production ont considérablement réduit les revenus de nombreuses familles.
À Bukavu, plusieurs parents expriment leur inquiétude face au risque de voir leurs enfants retarder ou interrompre leur scolarité faute de moyens financiers suffisants.
« Cette année, les préparatifs de la rentrée scolaire sont particulièrement difficiles. Les revenus des familles ont beaucoup diminué alors que le coût de la vie continue d'augmenter. Beaucoup de parents ne savent pas encore comment payer les frais scolaires ou acheter les fournitures nécessaires. Nous souhaitons que la paix revienne afin que chacun puisse reprendre ses activités et offrir un meilleur avenir à ses enfants. »
Les parents estiment que le retour de la stabilité sécuritaire constitue une condition essentielle pour relancer les activités économiques et permettre aux familles de retrouver des sources de revenus. Ils soulignent que l'éducation reste l'un des investissements les plus importants pour l'avenir des enfants et appellent à préserver leur droit à l'instruction malgré les difficultés actuelles. Au-delà du retour de la paix, plusieurs familles lancent un appel à la solidarité en direction des autorités, des organisations humanitaires, des confessions religieuses, des associations communautaires et des personnes de bonne volonté afin de soutenir les ménages les plus vulnérables dans cette période cruciale.
« Nous demandons à toutes les personnes qui en ont la possibilité d'apporter leur soutien aux familles les plus démunies. Beaucoup d'enfants risquent de rester à la maison simplement parce que leurs parents ne disposent pas des moyens nécessaires. Une aide en fournitures scolaires, en uniformes ou en frais de scolarité peut faire toute la différence pour permettre à un enfant de poursuivre son éducation. »
Les acteurs de la société civile rappellent que l'accès à l'éducation constitue un droit fondamental qui doit être garanti à tous les enfants, quelles que soient les difficultés économiques ou sécuritaires. Ils encouragent les autorités à renforcer les politiques de protection sociale en faveur des ménages les plus touchés par la crise.
À quelques semaines de la reprise des cours, l'espoir demeure que l'amélioration progressive de la situation sécuritaire et la mobilisation des différents partenaires permettront de limiter les conséquences de la crise sur la scolarisation des enfants du Sud-Kivu.
« Chaque enfant mérite de retrouver le chemin de l'école dans de bonnes conditions. Investir dans l'éducation aujourd'hui, c'est préparer l'avenir de toute la société. Nous espérons que les efforts en faveur du retour de la paix, de la relance économique et de la solidarité permettront à aucun enfant d'être privé de son droit à l'éducation pour des raisons financières. »
À l'approche de la rentrée scolaire du 1er septembre, les familles du Sud-Kivu restent dans l'attente de solutions susceptibles d'alléger leurs charges et de garantir à tous les enfants un accès effectif à l'éducation malgré le contexte économique et sécuritaire difficile.
Eugide Abalawi, depuis Bukavu.