Dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, plusieurs enfants n'ont toujours pas repris le chemin de l'école, un mois après la rentrée scolaire. Maombi Joseph, leader communautaire et défenseur des droits humains dans la région, déplore la précarité financière des familles déplacées et démunies, qui compromet l'éducation de leurs enfants. Il sollicite l'appui des bienfaiteurs et des organisations humanitaires.
Pour ces familles, le coût de la scolarité demeure un obstacle difficile à surmonter. Ayant souvent tout perdu en fuyant les violences, de nombreux parents n'ont plus de revenus stables et ne parviennent pas à réunir les frais exigés, ni à acheter les fournitures et les uniformes nécessaires. Faute de moyens, les enfants restent à la maison, alors que les classes ont repris depuis plusieurs semaines.
« Un mois après la rentrée, beaucoup d'enfants de notre région ne sont toujours pas à l'école. Ce ne sont pas leurs parents qui refusent de les scolariser : ce sont des familles déplacées, démunies, qui n'ont tout simplement pas les moyens. Quand on a du mal à nourrir ses enfants, payer les frais scolaires devient impossible. Nous lançons un appel aux bienfaiteurs et aux organisations humanitaires pour qu'ils viennent en aide à ces familles, afin que ces enfants ne soient pas privés de leur droit à l'éducation », a plaidé Maombi Joseph.
Chaque semaine d'absence creuse un peu plus le retard scolaire de ces enfants et accroît le risque d'un abandon définitif des études. Dans une région déjà éprouvée par les déplacements de population, la déscolarisation expose en outre les plus jeunes à d'autres dangers, comme le travail précoce ou, pour les adolescentes, les grossesses précoces.
Le nombre exact d'enfants concernés n'a pas été communiqué à ce stade. Pour les familles de Kalehe, l'enjeu est désormais de voir cet appel entendu, afin que la précarité ne prive pas toute une génération d'école.
Goreth Sifa, depuis Kalehe