Glissements de terrain, inondations et débordements des rivières constituent, selon eux, des menaces persistantes auxquelles les populations restent fortement exposées, notamment dans les localités de Bushushu et Nyamukubi.
Ces zones, déjà marquées par des épisodes dramatiques ces dernières années, continuent de subir les effets combinés du changement climatique, de la pression démographique et de l’occupation anarchique des sols. À chaque saison des pluies, les mêmes scènes de désolation se répètent : habitations emportées, terres agricoles détruites et pertes en vies humaines.
Face à cette situation, les organisations de la société civile appellent à une prise de conscience collective et à l’adoption de comportements responsables pour réduire les risques. Parmi les mesures préventives préconisées figurent notamment la plantation d’arbres dans les zones à forte vulnérabilité, ainsi que le respect strict des normes d’urbanisation, en particulier l’interdiction de construire sur des terrains instables ou à proximité des cours d’eau.
Pour Cédric Matshara, défenseur des droits humains engagé dans la sensibilisation communautaire, il est urgent de rompre avec l’inaction et les habitudes à risque :
« Nous ne pouvons pas continuer à perdre des vies chaque année pour les mêmes raisons. Il est impératif que les habitants prennent conscience du danger et respectent les consignes de prévention, notamment éviter de construire dans les zones identifiées comme dangereuses », martèle-t-il.
Au-delà des comportements individuels, cet acteur insiste également sur la nécessité d’une approche collective et durable. La reforestation apparaît, selon lui, comme un levier essentiel pour atténuer les effets des catastrophes naturelles dans cette région montagneuse.
« La solution passe aussi par la reforestation. Planter des arbres permet de stabiliser les sols et de réduire les risques de glissements de terrain. C’est une responsabilité collective qui implique à la fois les autorités et la population », ajoute Cédric Matshara.
Les appels de la société civile interviennent dans un contexte où les autorités locales sont régulièrement interpellées sur la nécessité de renforcer les politiques de gestion des risques et d’aménagement du territoire. Plusieurs observateurs estiment que des efforts supplémentaires doivent être consentis, notamment en matière de sensibilisation, de contrôle des constructions et de mise en place de systèmes d’alerte précoce.
En attendant des réponses structurelles, les populations de Kalehe restent en première ligne face aux aléas naturels. Pour les acteurs locaux, seule une combinaison d’actions individuelles, communautaires et institutionnelles permettra de réduire durablement l’impact des catastrophes dans cette partie du Sud-Kivu.
Sud-Kivu; Goreth SIFA