À Bukavu, des parents d’élèves touchés par les incendies du 10 septembre à Buholo Kasha, dans la commune de Bagira, et à Cimpunda, dans la commune de Kadutu, appellent à la solidarité des responsables scolaires. Ils dénoncent les frais d’inscription qui leur seraient exigés par certaines écoles alors que leurs enfants ont déjà perdu leur établissement à la suite du sinistre ayant notamment détruit le Complexe scolaire Ujamaa Furaha.
Ces familles sinistrées se retrouvent ainsi confrontées à une nouvelle difficulté : trouver un établissement capable d’accueillir leurs enfants sans alourdir davantage leurs charges. La situation est d’autant plus préoccupante que l’incendie a fait plusieurs victimes, dont 27 morts selon les informations communiquées par les familles et les sources locales, parmi lesquelles une majorité d’écoliers.
Un parent, qui a requis l’anonymat, déplore cette situation et estime que les établissements scolaires devraient tenir compte des circonstances exceptionnelles dans lesquelles se trouvent ces élèves. Il appelle les responsables des écoles à faire preuve de compréhension afin de permettre aux enfants sinistrés de poursuivre leur scolarité malgré le traumatisme subi.
« Nos enfants ont déjà perdu leur école, certains ont perdu leurs camarades et leurs familles traversent aujourd’hui des moments très difficiles. Nous demandons simplement que les écoles qui peuvent les accueillir ne commencent pas par exiger des frais que les parents sinistrés ne sont pas en mesure de supporter. Il faut privilégier la solidarité et comprendre que ces enfants n’ont pas choisi cette situation. Ils ont besoin de retourner à l’école pour reprendre progressivement une vie normale », a déclaré ce parent sous anonymat.
Il plaide également pour une concertation entre les autorités éducatives, les responsables des établissements et les familles affectées, afin d’identifier rapidement des solutions permettant la réinscription des élèves sans discrimination liée à leur situation financière.
« Nous souhaitons que les responsables scolaires et les autorités puissent se mettre autour d’une table pour voir comment aider ces enfants. Leur priorité doit être de reprendre les cours. Après ce qu’ils viennent de vivre, leur imposer encore des obstacles financiers risque de compliquer davantage leur situation. Nous appelons donc à la compassion et à des mesures particulières pour permettre à tous ces élèves de retrouver le chemin de l’école », a ajouté ce parent.
Les familles sinistrées demandent ainsi que la solidarité accompagne les efforts de réorganisation scolaire après les incendies, afin que les enfants ayant perdu leur établissement puissent poursuivre leur formation dans des conditions aussi normales que possible.
Eugide Abalawi, depuis Bukavu.