Plusieurs mois après les mouvements de terrain qui ont ravagé le village de Buhozi, dans le territoire de Kabare au Sud-Kivu, les populations sinistrées continuent de vivre dans des conditions particulièrement difficiles. Privées d'abris convenables, d'eau potable et d'un accès régulier aux soins de santé, elles voient leur situation se détériorer davantage avec l'arrivée de nombreuses personnes déplacées par les violences armées dans les territoires voisins. Face à cette crise humanitaire, les victimes appellent les autorités et les partenaires humanitaires à une intervention urgente afin d'éviter de nouvelles pertes en vies humaines.
Sur le terrain, les conséquences des catastrophes naturelles demeurent visibles. De nombreuses familles qui ont perdu leurs habitations vivent encore dans des abris de fortune ou sont hébergées par des proches, dans des conditions de promiscuité qui accentuent leur vulnérabilité. L'accès à l'eau potable reste limité, tandis que les structures sanitaires peinent à répondre aux besoins d'une population confrontée à la multiplication des maladies liées à l'insalubrité et aux mauvaises conditions d'hébergement.
Selon Héritier Mongane, défenseur des droits humains, la situation humanitaire est devenue encore plus préoccupante avec l'afflux de personnes déplacées fuyant les affrontements dans plusieurs territoires voisins, augmentant ainsi la pression sur des ressources déjà insuffisantes.
« Les victimes des mouvements de terrain continuent de vivre dans une souffrance permanente. Beaucoup de familles n'ont toujours pas retrouvé un logement digne, l'accès à l'eau potable demeure très difficile et plusieurs personnes ne peuvent pas bénéficier des soins médicaux dont elles ont besoin. À cette situation s'ajoute l'arrivée de nombreux déplacés qui fuient les violences armées, ce qui accentue encore les difficultés des communautés locales. Nous assistons à une véritable urgence humanitaire qui nécessite une réponse rapide et coordonnée. », a déclaré Héritier Mongane.
Le défenseur des droits humains indique que les conditions de vie actuelles exposent les populations à de nombreux risques sanitaires et sociaux. Il affirme que l'absence d'une assistance suffisante continue d'avoir des conséquences dramatiques sur les ménages les plus vulnérables. Il appelle les autorités provinciales, le gouvernement central ainsi que les organisations humanitaires nationales et internationales à intensifier les interventions afin de répondre aux besoins les plus urgents.
« Nous demandons une mobilisation immédiate des autorités et des partenaires humanitaires. Les besoins sont immenses : il faut construire des abris, approvisionner les populations en eau potable, renforcer les structures sanitaires et distribuer une assistance alimentaire aux familles affectées. Chaque jour qui passe sans intervention aggrave les souffrances des sinistrés et, malheureusement, les conditions actuelles continuent d'entraîner des pertes en vies humaines. Il est urgent d'agir pour préserver la dignité et la vie de ces populations. », a-t-il insisté.
Les acteurs de la société civile estiment que la réponse à cette crise doit s'inscrire dans une approche à la fois humanitaire et durable, combinant l'assistance d'urgence avec des programmes de reconstruction des habitations, de réhabilitation des infrastructures de base et de relèvement communautaire.
À Buhozi, les sinistrés espèrent désormais que leurs appels seront entendus et que les interventions attendues permettront d'améliorer des conditions de vie qui demeurent particulièrement critiques plusieurs mois après la catastrophe naturelle.
Reportage : Eugide Abalawi depuis Kindu