La Belgique et le Rwanda ont décidé de rétablir leurs relations diplomatiques après dix-huit mois de rupture, en dépit des divergences qui persistent autour de la crise sécuritaire dans l'est de la République démocratique du Congo. Cette annonce, qui marque un tournant dans les rapports entre Bruxelles et Kigali, suscite des interrogations sur ses possibles répercussions sur le dossier congolais.
Interrogé par notre reporter, l'analyste Audrey Muke, enseignant au département des relations internationales à l'Université officielle de Bukavu, y voit avant tout l'application d'un principe de base des relations internationales. Selon lui, ce rapprochement relève de la logique des relations entre États, qui n'entretiennent pas indéfiniment une rupture, quelles que soient les tensions qui subsistent.

Lettre de convention entre le Rwanda et la Belgique
Pour l'analyste, le rétablissement de ces relations ne doit pas pour autant être interprété comme un revirement de Bruxelles sur la situation en RDC. Il estime que la reprise du dialogue diplomatique avec Kigali ne signifie pas nécessairement que la Belgique modifie sa position sur la crise sécuritaire dans l'est du pays, où les divergences avec le Rwanda demeurent.
Audrey Muke invite ainsi à la prudence dans la lecture de cette décision. À ses yeux, son impact réel ne pourra pas être évalué sur la base des seules déclarations diplomatiques, mais devra surtout être apprécié à travers les actes concrets que la Belgique posera dans les efforts visant à mettre fin à la crise dans l'est de la RDC.
Autrement dit, c'est l'engagement effectif de Bruxelles, dans les initiatives et les démarches en faveur du retour de la paix, qui permettra de juger si cette reprise des relations avec Kigali peut contribuer ou non à la résolution du conflit.
Egide Abalawi, depuis Bukavu