Le Groupe d'experts des Nations unies publie de nouveaux éléments sur les circonstances de la frappe qui a coûté la vie à l'humanitaire française Karine Buisset à Goma. Après plusieurs mois d'investigations, les experts ont reconstitué le déroulement de l'attaque à partir d'analyses balistiques, de vidéos, d'images et de nombreux témoignages. Si le rapport apporte davantage de précisions sur le mode opératoire, il ne permet toutefois pas d'identifier avec certitude les auteurs de cette frappe. Une situation qui relance les appels à une enquête approfondie afin que toute la lumière soit faite sur ce drame.
Le décès de l'humanitaire française Karine Buisset continue de susciter de nombreuses interrogations. Dans son dernier rapport, le Groupe d'experts des Nations unies consacre un important chapitre à cette affaire. Les enquêteurs indiquent avoir procédé à une reconstitution minutieuse des faits en s'appuyant sur plusieurs sources d'information, notamment des expertises balistiques, des images vidéo, des photographies, des images satellitaires ainsi que des témoignages recueillis auprès de différents témoins.
Selon le document, ces investigations permettent désormais de mieux comprendre les circonstances dans lesquelles la frappe est intervenue. Les experts ont notamment analysé la trajectoire des projectiles, l'impact de l'explosion ainsi que les dégâts observés sur le terrain afin d'établir une chronologie aussi précise que possible des événements.
« Les éléments techniques que nous avons pu réunir permettent de reconstituer avec davantage de précision le déroulement de cette attaque. Toutefois, malgré l'ensemble des analyses balistiques, des vidéos examinées, des images disponibles et des témoignages recueillis, les preuves actuellement réunies ne permettent pas d'attribuer de manière certaine la responsabilité de cette frappe à un acteur précis du conflit. Des investigations complémentaires demeurent nécessaires afin d'établir les responsabilités conformément aux standards internationaux. », souligne le Groupe d'experts des Nations unies dans son rapport.
Le rapport insiste ainsi sur la nécessité de poursuivre les investigations afin de lever les zones d'ombre qui subsistent autour de cette affaire. Les experts rappellent que la protection des travailleurs humanitaires demeure une obligation du droit international humanitaire et que toute attaque visant ou touchant des personnels humanitaires doit faire l'objet d'enquêtes indépendantes.
« La multiplication des affrontements dans les zones urbaines augmente considérablement les risques pour les populations civiles ainsi que pour les acteurs humanitaires. Il demeure indispensable que toutes les parties au conflit respectent leurs obligations en matière de protection des civils et coopèrent pleinement avec les mécanismes internationaux chargés d'établir les faits et les responsabilités. », insistent encore les experts.
Ce nouveau rapport intervient dans un contexte où les violences se poursuivent dans plusieurs localités de l'Est de la République démocratique du Congo, compliquant davantage le travail des organisations humanitaires appelées à assister les populations affectées par le conflit.
Salomon Kwiraviwe depuis Goma