Face aux conséquences psychologiques de la guerre qui sévit dans l'est de la République démocratique du Congo, la Société civile du territoire de Kabare appelle les organisations spécialisées en santé mentale à intensifier les actions de soutien psychosocial. Elle estime que cette démarche est indispensable pour prévenir les suicides, dont les cas seraient en augmentation dans la province du Sud-Kivu.
La Société civile, forces vives du territoire de Kabare, lance un appel aux organisations humanitaires et aux structures spécialisées dans la santé mentale afin qu'elles renforcent les activités de prise en charge psychosociale et de détraumatisation des populations affectées par les conflits armés. Selon cette structure citoyenne, plusieurs années d'insécurité ont laissé de profondes séquelles psychologiques chez de nombreuses personnes confrontées aux violences, aux déplacements forcés, aux pertes de proches et à la précarité.
Pour le rapporteur de la Société civile de Kabare, Barthélémy Mwambusa, les traumatismes liés à la guerre demeurent largement sous-estimés, alors qu'ils constituent aujourd'hui un véritable problème de santé publique.
« Les populations du Sud-Kivu vivent depuis plusieurs années dans un environnement marqué par les conflits armés, les déplacements et les violences. Beaucoup de personnes portent des blessures invisibles qui affectent leur santé mentale. Nous pensons qu'il est urgent de renforcer les programmes de soutien psychosocial afin d'aider les victimes à surmonter leurs traumatismes et à retrouver un équilibre dans leur vie quotidienne. », explique Barthélémy Mwambusa.
La Société civile affirme observer une augmentation préoccupante des cas de suicide dans plusieurs localités de la province. Elle estime que cette situation pourrait être liée, entre autres, aux traumatismes psychologiques non pris en charge. Pour cette raison, elle encourage les organisations spécialisées à multiplier les consultations psychologiques, les séances de détraumatisation et les activités communautaires destinées à accompagner les personnes les plus vulnérables.
« La santé mentale mérite aujourd'hui la même attention que les autres urgences humanitaires. Nous appelons les partenaires, les autorités sanitaires et les organisations spécialisées à investir davantage dans l'accompagnement psychologique des populations. Prévenir les suicides passe aussi par l'écoute, le soutien aux personnes traumatisées et la mise en place de services de proximité accessibles à tous. », plaide le rapporteur des forces vives de Kabare.
La Société civile invite également les autorités provinciales à intégrer durablement la santé mentale dans les politiques publiques de santé et à soutenir les initiatives communautaires favorisant la résilience des populations affectées par les conflits.
Elle estime qu'une meilleure prise en charge psychosociale contribuera non seulement à réduire les souffrances psychologiques, mais également à renforcer la cohésion sociale et le processus de reconstruction des communautés éprouvées par la guerre.
EUGIDE ABALAWI depuis Bukavu