Rutshuru : après sensibilisation, les tradi-praticiens de Binza s’engagent dans la prévention contre Ebola

Rutshuru : après sensibilisation, les tradi-praticiens de Binza s’engagent dans la prévention contre Ebola

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Ghislain Lukambo

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Les tradi-praticiens du groupement de Binza, en territoire de Rutshuru, ont célébré ce lundi 31 août 2026 à Nyamilima la 24 édition de la Journée africaine de la médecine traditionnelle. La cérémonie, qui a réuni les représentants de six centres de santé traditionnels, a été principalement consacrée au rôle de ces acteurs dans la prévention de la maladie à virus Ebola. Bien qu’aucun cas ne soit actuellement signalé dans la zone, les participants ont insisté sur la nécessité de maintenir la vigilance et de renforcer la collaboration entre la médecine traditionnelle et les structures sanitaires.

Cette rencontre a notamment permis aux tradi-praticiens d’échanger sur les attitudes à adopter face à la menace d’Ebola. En raison de leur proximité avec les communautés et du recours fréquent de certaines populations à leurs services, ils sont appelés à contribuer à la sensibilisation, à l’observation des règles d’hygiène et surtout à l’orientation rapide vers les structures sanitaires de toute personne présentant des signes suspects. Les représentants des tradi-praticiens expliquent l’importance de leur engagement dans la prévention :

« Même si aucun cas d’Ebola n’est enregistré actuellement dans notre milieu, nous devons rester vigilants parce qu’une maladie comme celle-ci peut rapidement toucher une communauté. En tant que tradi-praticiens, nous sommes en contact avec beaucoup de personnes qui viennent chercher des soins. Notre responsabilité est donc de sensibiliser nos patients, de leur rappeler les mesures d’hygiène et de les encourager à se rendre dans les structures sanitaires lorsqu’ils présentent des signes qui peuvent être suspects. Nous devons également travailler avec les professionnels de santé, parce que la lutte contre Ebola ne peut pas être menée par un seul groupe. Notre contribution doit être orientée vers la prévention, la sensibilisation et l’alerte précoce afin de protéger toute la communauté. »

Les échanges ont également porté sur la nécessité d’éviter certaines pratiques pouvant exposer les patients ou les praticiens à des risques de contamination en cas d’apparition d’un cas suspect.

Les participants ont appelé à une collaboration permanente avec les autorités sanitaires afin de permettre une réaction rapide en cas de menace épidémique. Un autre intervenant souligne que l’absence actuelle de cas ne doit surtout pas être synonyme de relâchement :

« Nous considérons cette journée comme une occasion de rappeler que la prévention doit commencer avant même l’apparition des cas. Le fait que Binza ne soit pas actuellement touché par Ebola est une bonne nouvelle, mais cela ne signifie pas que nous devons baisser la garde. Nous devons continuer à informer la population, à respecter les mesures d’hygiène et à signaler rapidement toute situation inhabituelle. Les tradi-praticiens doivent accepter de référer les cas suspects vers les structures appropriées et de collaborer avec les équipes sanitaires. C’est par cette complémentarité entre tous les acteurs que nous pouvons protéger efficacement notre population et éviter que la maladie ne se propage. »

La célébration de cette 24 édition à Nyamilima aura ainsi permis de placer la médecine traditionnelle au cœur des efforts communautaires de prévention. Les six centres de santé traditionnels représentés à cette activité sont invités à maintenir la sensibilisation dans leurs communautés et à faire de la collaboration avec les services sanitaires une priorité face à la menace d’Ebola.

Mwenge Kake, depuis Nyamilima.

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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