En séjour de travail et d’amitié au Gabon, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, s’intéresse au modèle gabonais de transformation locale du bois. Le chef de l’État congolais a visité dimanche 16 août 2026 la Zone industrielle spéciale de Nkok, située à une trentaine de kilomètres de Libreville. Cette plateforme industrielle, considérée comme l’un des principaux exemples de valorisation locale des ressources forestières au Gabon, pourrait servir de référence à la RDC dans sa volonté de développer sa propre filière bois, attirer davantage d’investissements et créer de la valeur ajoutée sur place.
Accompagné du ministre gabonais de l’Industrie et de la Transformation locale, Félix Tshisekedi a découvert le fonctionnement de la Zone industrielle spéciale de Nkok, son organisation ainsi que plusieurs unités de production installées sur le site. La visite a notamment permis au président congolais d’observer les mécanismes mis en place pour transformer localement le bois avant sa commercialisation.
L’intégration des infrastructures dans la chaîne de production constitue l’un des éléments qui retiennent particulièrement l’attention de la délégation congolaise. Plusieurs unités industrielles de Nkok sont notamment reliées au réseau ferroviaire, facilitant l’acheminement des matières premières et l’évacuation des produits transformés. Le modèle repose également sur un guichet administratif unique et sur des mesures fiscales destinées à faciliter l’installation et le fonctionnement des entreprises.
Pour la RDC, qui dispose du deuxième massif forestier tropical au monde, cette expérience gabonaise présente un intérêt particulier. Kinshasa cherche à développer une transformation plus importante de ses ressources forestières sur le territoire national afin de réduire l’exportation de matières premières brutes et d’accroître les retombées économiques du secteur.
La Zone industrielle spéciale de Nkok apparaît ainsi comme une référence susceptible d’alimenter la réflexion congolaise sur les zones économiques spéciales. Les enseignements tirés de cette visite pourraient notamment être pris en compte dans le développement de la zone économique spéciale de Maluku et dans la mise en place d’un environnement davantage favorable aux investissements industriels.
« Nous avons voulu découvrir concrètement le fonctionnement de cette zone industrielle, comprendre les mécanismes qui permettent aux entreprises de s’installer, de transformer localement les ressources et de créer des emplois. L’expérience de Nkok montre qu’avec une organisation adaptée, des infrastructures appropriées, un accompagnement administratif et des mesures incitatives, il est possible de faire de la transformation locale un véritable moteur de l’économie. Pour la RDC, qui dispose d’un potentiel forestier considérable, nous devons tirer les enseignements de cette expérience afin de développer une filière bois capable de produire davantage de valeur ajoutée sur notre territoire », a souligné Félix Tshisekedi lors de sa visite de la Zone industrielle spéciale de Nkok, selon les éléments communiqués par la délégation congolaise.
Le modèle gabonais repose notamment sur la transformation progressive du bois et sur l’installation d’entreprises spécialisées dans différentes étapes de la chaîne de valeur. Cette organisation permet de développer des activités industrielles, de générer des emplois et de favoriser la croissance des secteurs connexes.
La RDC veut ainsi adapter certaines de ces expériences à ses propres réalités économiques et forestières. L’enjeu consiste à mettre en place des infrastructures capables d’accompagner les investisseurs, à simplifier les procédures administratives et à créer un environnement susceptible d’attirer les capitaux dans la transformation locale.
Cette orientation s’inscrit dans la politique de diversification de l’économie congolaise. Le gouvernement cherche à réduire progressivement la dépendance du pays à l’exportation des matières premières non transformées et à renforcer les secteurs capables de générer davantage d’emplois et de revenus à l’intérieur du pays.
Avec son immense potentiel forestier, la RDC dispose d’un avantage important pour développer une véritable industrie du bois. La transformation locale pourrait permettre au pays de passer d’une logique d’exportation de matières premières à une économie davantage fondée sur la production industrielle et la valorisation des ressources nationales.
La visite de Félix Tshisekedi à Nkok ouvre ainsi une réflexion sur la manière dont l’expérience gabonaise peut être adaptée au contexte congolais. Elle met également en évidence l’importance des infrastructures, des investissements privés et des politiques fiscales et administratives dans le développement d’une filière industrielle compétitive.
À travers cette démarche, Kinshasa affiche son ambition de transformer davantage les ressources forestières localement, créer des emplois, attirer les investissements et renforcer la compétitivité de l’économie congolaise.
John Kayumba, RTEE Kivu.