RDC : pour Rufin Runemungu, l'unité de l'opposition sera déterminante face au projet de révision constitutionnelle

RDC : pour Rufin Runemungu, l'unité de l'opposition sera déterminante face au projet de révision constitutionnelle

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Ghislain Lukambo

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L'opposition politique congolaise, regroupée au sein de la coalition C64, ne pourra réellement influencer le processus de révision de la Constitution que si elle parvient à préserver son unité et à mobiliser les principales forces sociales du pays, notamment la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l'Église du Christ au Congo (ECC). C'est l'analyse de Rufin Runemungu, chercheur à l'Institut Patrice Emery Lumumba, après l'annonce par la C64 d'une série d'actions citoyennes prévues à partir du 15 août, en réaction à la décision de la Cour constitutionnelle déclarant conforme à la Constitution la loi portant organisation du référendum.

La validation de cette loi par la Cour constitutionnelle ouvre désormais la voie à sa promulgation et relance le débat sur une éventuelle révision de la Constitution. Cette évolution suscite des réactions contrastées sur la scène politique nationale. Alors que la majorité présidentielle y voit une étape conforme aux mécanismes prévus par les institutions de la République, plusieurs formations de l'opposition dénoncent un processus qu'elles jugent préoccupant.

Réunie au sein de la coalition C64, l'opposition a annoncé le lancement d'actions citoyennes dès le 15 août afin de s'opposer à toute modification de la Constitution. Pour Rufin Runemungu, la réussite de cette mobilisation dépendra toutefois de plusieurs facteurs politiques et sociaux.

« L'opposition ne pourra véritablement peser sur ce processus que si elle réussit d'abord à préserver sa cohésion interne. Une opposition fragmentée aura beaucoup de difficultés à mobiliser durablement la population. Ensuite, l'expérience politique congolaise montre que les grandes mobilisations citoyennes ont souvent bénéficié de l'implication des principales confessions religieuses, notamment la CENCO et l'ECC. Si ces acteurs décident d'accompagner les revendications de l'opposition, le rapport de force pourrait évoluer sensiblement. Dans le cas contraire, les initiatives annoncées risquent de produire un impact limité face à des institutions qui poursuivent déjà le processus engagé. », analyse Rufin Runemungu.

Le chercheur estime que la situation actuelle présente plusieurs similitudes avec la période ayant précédé les élections de 2018. À cette époque, rappelle-t-il, les mouvements citoyens, les partis politiques et les Églises avaient convergé autour d'un objectif commun, donnant naissance à une importante dynamique de contestation. Selon lui, un scénario comparable pourrait se reproduire si les différentes composantes de l'opposition parviennent à coordonner leurs actions autour d'un message commun et d'une stratégie clairement définie.

« La République démocratique du Congo pourrait revivre une dynamique semblable à celle observée entre 2016 et 2018. Cette période avait été marquée par une forte convergence entre les partis politiques, les organisations de la société civile, les mouvements citoyens et les Églises. Cette alliance avait considérablement renforcé la pression sur les institutions. Aujourd'hui, tout dépendra de la capacité des acteurs à construire une vision commune, à maintenir un discours cohérent et à privilégier des actions citoyennes pacifiques dans le respect des lois de la République. L'avenir de cette mobilisation reposera davantage sur son organisation et son unité que sur les seules déclarations politiques. », conclut Rufin Runemungu.

L'annonce des actions citoyennes de la coalition C64 intervient quelques jours après la décision de la Cour constitutionnelle validant la loi sur le référendum. Le texte doit désormais être promulgué puis publié au Journal officiel, avec les réserves formulées par la Haute Cour sur certaines de ses dispositions.

Analyse d’Egide Abalawi, depuis Bukavu

Tags : # Actualité # RDC # Sud-Kivu

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