En République démocratique du Congo, le projet de dialogue national annoncé par le président Félix-Antoine Tshisekedi continue de susciter des réactions au sein de la classe politique. Invité lundi soir dans l’émission « Dialogue entre Congolais » de Radio Okapi, Martin Fayulu, président de l’ECiDé et l’un des leaders de la plateforme Lamuka, a exposé les attentes de son camp vis-à-vis de ce processus.
Pour lui, l’objectif d’un véritable dialogue doit être de fédérer les différentes idées afin de dégager des solutions durables aux crises que traverse le pays, particulièrement à la situation sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC.
« L’objectif ultime de ce dialogue doit être de fédérer les idées, de mettre ensemble les différentes composantes de notre société afin de rechercher des solutions durables aux problèmes que connaît notre pays. Nous avons notamment la question de l’insécurité dans l’Est, mais aussi plusieurs autres crises qui nécessitent une réflexion collective et des engagements qui puissent réellement permettre à la République démocratique du Congo de retrouver la paix et la stabilité », a déclaré Martin Fayulu.
Le président de l’ECiDé conteste toutefois la démarche annoncée par le chef de l’État, estimant qu’elle ne correspond pas, selon lui, à un véritable dialogue national, mais davantage à des consultations populaires. Martin Fayulu affirme que son parti ne soutient pas cette démarche et soupçonne le pouvoir de vouloir utiliser ce processus à d’autres fins politiques, notamment en vue d’un éventuel troisième mandat du président Félix-Antoine Tshisekedi.
« Ce qui a été annoncé par le président de la République n’est pas, à mon avis, un véritable dialogue national. Il s’agit plutôt des consultations populaires, et l’ECiDé ne peut pas soutenir une démarche qui ne répond pas aux exigences d’un dialogue véritable. Nous avons aussi des inquiétudes sur les intentions qui se cachent derrière ces consultations, notamment cette volonté que nous percevons de préparer les conditions pour un troisième mandat du président Tshisekedi », a estimé Martin Fayulu.
Pour l’opposant, la réussite du processus dépendra surtout de son caractère inclusif. Il estime que toutes les composantes ayant une responsabilité dans la crise congolaise ou disposant d’une contribution à apporter à la recherche des solutions doivent être associées aux discussions.
« Nous voulons un dialogue véritablement inclusif. Toutes les composantes qui ont une responsabilité dans les problèmes que connaît notre pays ou qui ont quelque chose à apporter dans la recherche des solutions doivent être autour de la table. Il ne faut pas sélectionner les participants en fonction des intérêts du pouvoir. Si nous voulons trouver des solutions durables, il faut que les différentes sensibilités politiques et sociales puissent se retrouver dans un cadre où chacun peut s’exprimer librement et apporter sa contribution », a insisté Martin Fayulu.
Pour rappel, le Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, annoncé par le président Félix-Antoine Tshisekedi, est prévu pour une durée de trois mois. Le processus doit débuter par des consultations dans les 26 provinces de la RDC, avant la tenue des assises nationales à Kinshasa. Reste à savoir si les différentes forces politiques et sociales accepteront de participer à ce processus et dans quelles conditions.
Ange Kavuya, pour la RTEE.