À quelques jours de la marche annoncée par la Coalition pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), l’opposition politique congolaise maintient sa mobilisation malgré les appels au dialogue lancés par plusieurs personnalités, dont le cardinal Fridolin Ambongo. Pour Prince Epenge, porte-parole de Lamuka de Martin Fayulu, les revendications de l’opposition restent sans réponse et le pouvoir doit poser des actes concrets avant toute initiative de concertation.
La tension politique monte progressivement en République démocratique du Congo à l’approche de la marche annoncée pour le mercredi 22 juillet prochain par la Coalition pour la défense de l’ordre constitutionnel, C64. Malgré les appels à l’apaisement et au dialogue formulés par différentes personnalités, les organisateurs affirment maintenir leur action qu’ils présentent comme une mobilisation citoyenne pour défendre les acquis constitutionnels.
Au sein de l’opposition, la position reste ferme. Prince Epenge, porte-parole de Lamuka de Martin Fayulu, confirme que la manifestation aura bel et bien lieu. Selon lui, les appels au dialogue ne peuvent produire des résultats que s’ils sont accompagnés de décisions concrètes de la part des autorités.
Tout en saluant l’implication du cardinal Fridolin Ambongo dans la recherche d’un climat politique plus apaisé, l’opposant estime que la situation actuelle exige davantage que de simples appels à la concertation. Il appelle notamment le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, à poser des actes susceptibles de rassurer l’opposition et une partie de la société civile.
« La marche du mercredi 22 juillet reste maintenue parce qu’à ce stade, les revendications de l’opposition et des forces citoyennes n’ont pas encore trouvé de réponses concrètes. Nous apprécions les efforts de toutes les personnalités qui appellent au dialogue, notamment le cardinal Fridolin Ambongo, mais le dialogue ne peut pas être seulement un mot. Il doit être accompagné d’actes qui démontrent une réelle volonté d’apaiser le climat politique dans notre pays. Le pouvoir doit prendre des décisions qui permettent de restaurer la confiance entre les différents acteurs. », a déclaré Prince Epenge.
Le porte-parole de Lamuka demande notamment au chef de l’État de renoncer à la loi dite Ngondankoy, qu’il considère comme contraire à la Constitution, ainsi qu’au projet de révision constitutionnelle qu’il qualifie de source de préoccupation pour l’opposition. Selon lui, ces initiatives alimentent les tensions politiques dans un contexte déjà marqué par plusieurs crises. Pour Prince Epenge, la République démocratique du Congo fait face à une accumulation de difficultés qui nécessitent une réponse collective. Il évoque notamment une crise sécuritaire persistante dans l’Est du pays, une crise de légitimité politique et une crise sociale qui affecte le quotidien de nombreux Congolais.
« Notre pays traverse une période extrêmement difficile avec une crise sécuritaire, une crise de légitimité et une crise sociale. Face à ces défis, personne ne peut prétendre détenir seul toutes les solutions. Nous avons besoin d’un véritable dialogue national qui rassemble toutes les forces vives de la Nation, sans exclusion, afin de trouver ensemble des réponses durables aux problèmes qui touchent notre peuple. Mais ce dialogue doit être sincère, inclusif et orienté vers des résultats concrets pour l’avenir du pays. », a insisté Prince Epenge.
L’opposant affirme ainsi que la mobilisation annoncée ne constitue pas un rejet du dialogue, mais plutôt un moyen de faire entendre les préoccupations de l’opposition et de pousser les autorités à engager des actions en faveur de la démocratie et du respect de l’ordre constitutionnel.
À quelques jours de cette manifestation, l’attention reste tournée vers les autorités compétentes qui devront encadrer cette mobilisation, alors que les acteurs politiques continuent de débattre entre la voie de la contestation et celle du dialogue national inclusif annoncé par le chef de l’État.
Muhindo Degusto, Butembo